Marseille: Des manifestants adressent un «carton rouge» à l'usine Alteo

ENVIRONNEMENT Une centaine de personnes se sont rassemblées devant la préfecture...

M.P.

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Manifestation contre les "boues rouges"
Manifestation contre les "boues rouges" — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Une centaine de personnes se sont rassemblées lundi midi devant la préfecture des Bouches-du-Rhône pour protester contre l’autorisation donnée à l’usine Alteo de rejeter des effluents liquides en Méditerranée. Parmi les manifestants, Cécile Duflot et Michèle Rivasi, toutes deux candidates à la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts en vue de la présidentielle.

La première a mis la pression sur le gouvernement : « Ce quinquennat est un vrai gâchis pour l’écologie […]. Que ce soit sur l’abandon des trains de nuit, […] sur l’abandon de la taxe poids lourds, […] sur les mesures très molles voire absentes sur le diesel, […] sur les boues rouges ici ou sur le sable coquillagé à Lannion, les décisions qui sont prises montrent bien que s’il n’y a pas de cap écologiste à la tête de l’Etat. »

Analyses et recherches

De son côté, la députée européenne Michèle Rivasi a dénoncé la « malhonnêteté » de l’entreprise. « Le problème qu’il y a, c’est qu’il y a un transfert de pollution » vers le site de Mange Garri sur la commune de Bouc Belair, où Alteo entrepose les rejets solides issus du traitement des effluents.

Ce nouveau rassemblement contre les rejets en Méditerranée était organisé à l’occasion de la 3e réunion de la commission de suivi du site organisée à la préfecture. Lors de ce rendez-vous, la direction d’Alteo a présenté les derniers résultats des analyses qu’elle mène en mer, et l’état des recherches engagées pour limiter la pollution.

Manifestation contre les
Manifestation contre les - Mickaël Penverne / 20 Minutes

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Traitements innovants

Selon l’entreprise, « les concentrations d’arsenic sont bien en deçà des seuils autorisés par l’arrêté préfectoral de décembre 2015 et sont très proches de la cible fixée pour 2021 moyenne depuis juillet de 0,055 mg/l contre un seuil actuel à 1,7 mg/l et une cible 2021 à 0,05 mg/l) », est-il écrit dans un communiqué.

L’entreprise indique également avoir testé « en conditions réelles deux solutions de traitement innovantes avec ses partenaires Air Liquide et Extracthive ». « Ces deux technologies permettent d’une part de neutraliser la soude et d’autre part, de précipiter les métaux issus pour être capable de les séparer. Un des enjeux consiste à caractériser cette partie solide résiduelle et à trouver des utilisations potentielles de façon à ne pas générer de nouveaux déchets. »

Après avoir déversé des boues rouges pendant plusieurs décennies au large de Cassis, l’usine Alteo a été autorisée, en décembre 2015, a rejeté des « effluents liquides » jusqu’en 2021. L’entreprise emploie plus de 400 personnes à Gardanne et ses environs.