Comment Marseille peut devenir la «métropole littorale»

ECONOMIE Une étude inédite livre quelques pistes pour intégrer cet élément d'attractivité...

Mickael Penverne

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Vue aérienne de Marseille le 14 août 2015
Vue aérienne de Marseille le 14 août 2015 — Pascal Pochard-Casabianca AFP

Dix mois après son acte de naissance, la métropole Aix-Marseille Provence a encore du mal à se matérialiser mais son avenir fait déjà l’objet de plusieurs réflexions. L’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (AGAM) vient ainsi de publier une étude inédite proposant de bâtir une métropole « autour du littoral ».

Entre les industries autour du port de Fos-sur-Mer et l’étang de Berre, les zones résidentielles sur la Côte Bleue, la concentration urbaine dans la rade marseillaise et les calanques au sud, il est difficile de trouver, pour l’instant, une « convergence entre tous ces territoires », comme l’a reconnu Didier Réault, adjoint au maire à la ville de Marseille en charge de la mer.

Deux millions de baigneurs

L’AGAM se charge donc de livrer quelques pistes de réflexion, à destination des élus mais aussi du grand public, pour prendre en compte « cet élément fort d’attractivité ». Le littoral est d’abord un lieu de loisirs. Avec 70 sites de baignade, 300 spots de plongée et plus de 19.000 anneaux, il attire près de deux millions de baigneurs par an (1,4 million à Marseille et 540.000 autour de l’étang de Berre).

Pour devenir la « métropole littorale », il va falloir d’abord préserver les espaces naturels et gérer notamment l’adéquation entre les industries et la protection de l’environnement. L’AGAM propose aussi de réorganiser les ports de plaisance pour augmenter le nombre de places, poursuivre l’aménagement du sentier du littoral ou d’ouvrir de nouveaux sites au grand public comme la digue du large.

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Thalassothermie et ferme éolienne

Le littoral représente également une ressource économique importante pour la métropole. Environ 43.500 emplois directs et indirects sont liés aux activités portuaires, soit 8 % de l’emploi salarié dans les Bouches-du-Rhône. La réparation navale, c’est 600 emplois et 110 millions d’euros de chiffre d’affaires. Enfin, Marseille a accueilli 1,5 million de croisiéristes et espère deux millions d’ici quatre ans.

Pour « accompagner » la croissance économique du port de Marseille-Fos, l’AGAM propose de créer un « cluster » pour les entreprises des filières portuaires et logistiques pour les aider à développer de nouveaux trafics. Elle préconise aussi de diversifier les activités portuaires, vers la transition énergétique par exemple, et d’améliorer les transports entre les bassins Ouest et Est du Grand Port Maritime.

L’Agence propose également d’étudier le développement des énergies renouvelables, que ce soit la boucle thalassothermique qui sera expérimenté dans le futur ilot Allar ou les parcs éoliens offshore – Ségolène Royale doit annoncer dans quelques semaines les lauréats d’un appel à projets pour des fermes pilotes d’éoliennes dans la zone de Faraman.

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Des projets mais pas de stratégie

Pour protéger un espace sous pression (montée des eaux, urbanisation croissante, érosion des côtes…), l’AGAM recommande aussi de limiter l’artificialisation du littoral, de « privilégier des techniques de protection douce aux ouvrages de défense classiques contre la mer » ou encore de « faire de la réhabilitation écologique de l’étang de Berre un projet métropolitain ».

Pour atteindre tous ces objectifs, les élus et les services techniques disposent déjà de nombreux outils comme le Contrat de baie signé en 2015. Et de nombreux projets « environnementaux » ont été lancés un peu partout sur le territoire : stations d’épuration, dépollution des sols, récifs artificiels, etc. « Les outils, on les a. Le fric, on l’a. Maintenant, ce qu’il faut, c’est une stratégie », conclut Didier Réault.