Marseille: Le César et les Variétés en cessation de paiement

CULTURE Les salariés n’ont pas été payés depuis juin…

A.R.

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Le cinéma " Les variétés " situé sur la canebière
Le cinéma " Les variétés " situé sur la canebière — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Il a jusqu’au 5 octobre. Galeshka Moravioff, le patron des cinémas Le César et Les Variétés, doit présenter un projet de redressement pour les deux salles marseillaises.

L’homme s’est déclaré mercredi en cessation de paiement pour les deux cinémas devant le tribunal de commerce de Paris. Il n’a pas souhaité commenter cette décision et son avocat n’a pas souhaité s’exprimer.

Une solidarité envers les salariés

« Les 13 salariés ne sont plus payés depuis trois mois, explique Florence Pazzottu, membre del’association des amis et partenaires du cinéma Les Variétés, qui compte près de 500 membres. Nous souhaitons revenir à une gestion saine et respectueuse des salariés, nous sommes très attachés à ce que ces cinémas restent des cinémas ». Une soirée de soutien aux salariés se déroule vendredi à 19 heures aux Variétés, avec la projection de deux films.

« Soyons de plus en plus nombreux à nous déclarer solidaires de l’équipe des salariés qui, dans des conditions difficiles depuis longtemps, fait vivre ces deux cinémas, et affirmons notre attachement à ces lieux culturels », appelle l’association.

En mai, l’équipe du film La fête est finie avait occupée les Variétés pendant une journée pour réclamer à la Société Bastille St-Antoine l’exploitant, 2.900 euros. Cette somme correspondait à la recette de billetterie due à l’équipe du documentaire. Finalement un échéancier avait été mis en place.

Un lourd passé

Déjà en juillet à Paris, le cinéma La Bastille avait tiré le rideau, six mois après la fermeture du Saint-Lazare Pasquier. A Rouen, c’est Le Melville qui a dû fermer ses portes en 2014, après les deux salles lyonnaises CNP Terreaux et Bellecour, rachetées par l’Institut Lumière.

« Au départ, le CNC n’a pas remboursé la seconde partie des subventions pour la numérisation des salles car mon client était débiteur d’une somme de 27.000 euros correspondant aux taxes sur les entrées », explique André Bonnet, avocat parisien de Galeshka Moravioff, et celui de l’association Promouvoir, à l’origine de recours contre les visas d’exploitation des films Love, La vie d’Adèle ou Antichrist.

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« Ce qu’il se passe dans les salles à Marseille est certainement une conséquence », ajoute l’avocat.

« Moravioff a une très mauvaise réputation dans le milieu, estimait en juillet Jean Labadie, le producteur et distributeur parisien, fondateur du Pacte dans Télérama. Il ne paye pas les distributeurs depuis des années (…). Le CNC le sait, l’ensemble de la profession le sait et pourtant il continue d’exercer ».