OM: Les supporters ont toujours la flamme mais n’iront plus au stade

FOOTBALL Le Stade Vélodrome a perdu 16.000 abonnés en un an...

C.L.
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Un supporter de l'OM le 21 mai 2016
Un supporter de l'OM le 21 mai 2016 — BERTRAND LANGLOIS / AFP

Ça sonne creux. Vous avez dû lire cette expression une bonne dizaine de fois dans les articles concernant l’OM. Normal, le stade se vide. Le club n’enregistre pas plus de 17.520 abonnés pour cette saison 2016-2017. C’est environ 16.000 de moins que l’an passé. Pire, l’ancien vainqueur de la Ligue des champions n’avait pas connu telle statistique depuis la saison 1997-98 (17.000 abonnés). Comment expliquer une telle désaffection ? La lassitude. Le sentiment résume assez bien les témoignages des supporters déçus, recueillis par 20 Minutes.

« Se réabonner, c’est cautionner »

La saison dernière a laissé des traces. Le départ de Bielsa, d’abord, le plus beau souvenir de Yannis, 25 ans de stade derrière lui. « C’était magnifique. Lui, il représente ce qu’on attend. Je me souviens du tifo contre le PSG, c’était électrique. J’avais plus de voix avant que les joueurs entrent sur le terrain. » Finir dans le ventre mou (13e), n’a pas aidé. « L’an passé, souvent le jour même on se sentait plus d’y aller, se souvient Gary, le spectacle était terrible. Avec mon collègue, on ne voulait pas revivre la même saison. »

Le tifo géant du Stade Vélodrome avant OM-PSG, le 5 avril 2015.
Le tifo géant du Stade Vélodrome avant OM-PSG, le 5 avril 2015. - capture d'écran 20 minutes

Car pour beaucoup de fans, au-delà des matchs nuls qui se sont enchaînés, c’est l’état d’esprit qui pèche. « C’est un problème plus grave que purement sportif, estime Thomas. En 2000 quand le club s’est battu pour le maintien, je ne ratais pas un match. A l’époque, Robert Louis-Dreyfus faisait des erreurs de management mais il était impliqué. Là, le problème, c’est que la propriétaire et le président Labrune ont décidé de liquider le club. Se réabonner, c’est cautionner ça. »

« Une vraie rupture »

A 36 ans, ce sudiste exilé à Paris, ne lésine pourtant pas sur l’investissement. En plus de son abonnement chez les South Winners, Thomas avait misé sur une carte de TGV illimité, à 60 euros par mois, pour descendre tous les 15 jours au Stade Vélodrome. En 15 ans, le supporter a parfois dû se passer de son abonnement par manque d’argent ou parce que son travail l’en empêchait. « Par choix, c’est la première fois. » C’est que pour ces dingues de l’OM, ne pas avoir leur petit bout de plastique au fond de la poche est un crève-cœur. « Ça fait 10 ans que j’ai ma carte. Pour moi, c’est une vraie rupture. La passion ils me l’ont pas tué mais quand je dois bosser le lundi à 6h30, aller me les geler au stade pour voir ça, c’est plus possible. »

« Quand je dois bosser le lundi à 6h30, aller me les geler au stade pour voir ça, c’est plus possible »

Evidemment, le rachat annoncé le 29 août a failli tout changer. C’est acté Margarita Louis-Dreyfus, l’actionnaire qui ne reçoit guère de soutien, va quitter la maison bleue et blanche. Frank McCourt, l’investisseur américain, va faire son entrée. « J’ai hésité jusqu’au bout mais je ne regrette absolument pas, reprend Thomas. Je trouve que le schéma Mc Court +  Eyraud est très cohérent mais rien ne changera cette saison. Si c’est pour voir une énième défaite contre Paris, je ne suis pas masochiste. »

Des chèvres en cartons dans le virage sud du Stade Vélodrome le 10 avril 2016
Des chèvres en cartons dans le virage sud du Stade Vélodrome le 10 avril 2016 - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

« Avec mes amis, depuis deux semaines on se regarde, appuie Yannis, on a peu le cul entre deux chaises. » Avant d’avouer : « Bon, je vais être honnête, j’ai pris deux places en Jean Bouin pour OM-Nantes pour l’anniversaire de mon père. » Gary, debout depuis quatre ans aux côtés des Dodger’s, a lui cédé le 31 août. « On se dit au pire, ça chambrera, dans tous les cas on va s’amuser. » A coup de chants qui pètent la voix ou de chèvres qui sillonnent les tribunes.