Marseille: La pollution de l’air engendrée par les paquebots irrite les socialistes

ENVIRONNEMENT Ils demandent une étude au ministère de l’Environnement…

A.R.

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Illustration d'un paquebot.
Illustration d'un paquebot. — Gerard Julien afp.com

Les socialistes marseillais ont interpellé la ministre de l’Environnement au sujet de la pollution de l’air engendrée par les navires de croisière. Ils demandent à Ségolène Royal de « diligenter une étude sur l’impact sanitaire et environnemental des émissions de ces bateaux dans l’atmosphère ».

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« Depuis plusieurs années, Marseille voit débarquer sur ses côtes et en plein cœur de sa ville de nombreux bateaux de croisières qui, faute de solutions alternatives et par soucis d’économie, font tourner jour et nuit des générateurs au fioul lourd pour assurer l’alimentation électrique des bateaux », écrivent, dans un courrier, Benoît Payan, le président du groupe socialiste de la ville et Josette Sportiello, la présidente du groupe socialiste au conseil départemental.

« L’impact d’un seul de ces bateaux à l’arrêt équivaut à la pollution d’un million de voitures selon les études de France Nature Environnement et de NABU, une ONG allemande », poursuivent les socialistes.

« 5 % des particules fines en suspension dans l’air »

En moyenne, à Marseille, les émissions des navires représentent « 5 % des particules fines en suspension dans l’air », note Damien Piga, ingénieur à Air PACA, d’après l’étude Apice. La pollution de l’air causée par les ports a été mesurée à Barcelone, Marseille, Gênes, Venise et Thessalonique, entre 2010 et 2013. « Cette pollution est "noyée" dans la ville, souligne l’ingénieur : si on est prêt des cheminées ou pas, ou si le port accueille beaucoup de bateaux en même temps etc. »

Selon l’Institut de veille sanitaire, Marseille est la ville la plus polluée concernant les particules fines, avec une concentration moyenne de particules fines (PM10) à 31,8 microgrammes par mètre cube, contre 29,5 µg/m3 à Lyon et 27 µg/m3 pour Paris par exemple.

Une évolution de la réglementation

En 2015, la ville a accueilli 1,45 million de croisiéristes et table sur 1,7 million cette année. Elle a réussi à se hisser dans le top 10 des ports de croisière au monde. « Le secteur des croisières est une véritable aubaine pour Marseille et ses habitants, souligne Dominique Vlasto, adjointe au maire déléguée au tourisme. Les opérateurs de croisières se sont engagés à réduire de manière importante la pollution qu’ils engendrent d’ici à 2020. »

A l’horizon 2020, « la réglementation évoluera en abaissant la teneur en soufre autorisée dans les combustibles marins, précise le Grand port maritime de Marseille (GPMM), qui accueille environ 500 escales de paquebots par an. Les armateurs de croisière devront donc se conformer à ces nouvelles préconisations en adaptant leurs navires. Pour cela ils développent des stratégies diversifiées, comme un équipement progressif de leur flotte avec des unités de traitement de fumée ou le passage à une propulsion au GNL », le gaz naturel liquéfié.

« Si on modifie le carburant il y a un impact sur la qualité de l’air : avec le GNL, il y aura encore un peu de particules fines mais l’abattement de la pollution sera significatif », précise Damien Piga. Le GPMM s’est ainsi engagé à développer des « services adaptés », comme l’avitaillement au GNL au départ des terminaux méthaniers de Fos.

Des branchements à quais

Déjà, l’année dernière, avec la Méridionale, le GPMM a investi 4,4 millions d’euros pour permettre aux navires de la compagnie de se connecter au réseau électrique lors d’escale. Les trois navires de la Méridionale restent en moyenne chacun 12 heures à quai. L’arrêt des groupes électrogènes devrait permettre d’éviter l’émission, de 7,7 tonnes de particules fines par an, soit l’équivalent de 3.000 véhicules par jour. Les escales de la Méridionale représentent près de 20 % des escales totales dans les bassins Est de Marseille. Un bon début.