Marseille: Six mois de prison avec sursis pour avoir crié «Allahou akbar» depuis son yacht

JUSTICE Le prévenu s'est fait traiter d'abruti par le procureur...

20 Minutes avec AFP

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Un yacht (photo d'illustration)
Un yacht (photo d'illustration) — Cannes Yachting Festival

Un chef d’entreprise a écopé mercredi de 6 mois de prison avec sursis pour avoir crié « Allahou akbar » et fait mine de foncer sur des estivants à bord de son yacht, au large d’une calanque de Cassis (Bouches-du-Rhône).

« Con », selon un avocat des parties civiles. « Abruti », selon le procureur. Lui préfère « gros déconneur » : l’homme de 50 ans a plaidé la mauvaise blague devant le tribunal correctionnel de Marseille, qui le jugeait non pour « apologie du terrorisme » mais pour « violence volontaire avec arme », l’arme par destination étant le bateau.

Deux semaines après l’attentat du 14 juillet à Nice, seul à la barre, ses « subalternes » dans les coursives intérieures du yacht, le prévenu, Jean-Christophe Fabre avait saisi le mégaphone de bord et crié « Allahou akbar ».

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Violence psychologique

Les estivants qui profitaient du soleil couchant sur les rochers de la calanque avaient alors vu l’imposant yacht noir de 27 mètres se diriger droit sur eux. « Je voulais pas faire peur à personne. Je suis pas quelqu’un qui fait peur. En général, je fais rigoler », a-t-il déclaré à la barre.

Croyant à une attaque terroriste, un policier qui était sur les lieux confiera aux enquêteurs avoir failli sortir son arme. « Sans doute au parquet de Marseille n’avons-nous pas d’humour », a ironisé la représentante du ministère public, Brigitte Lanfranchi, pointant la « violence psychologique » exercée sur les estivants qui ont eu « peur inutilement ».

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Certains mots

« Ils peuvent penser que des gens vont sortir, vont lancer des grenades, les gens peuvent tout imaginer », a-t-elle ajouté : « Vous avez instillé la peur dans un pays qui n’en a pas besoin. »

L’avocat de M. Fabre, Me Thierry Ospital, avait plaidé la relaxe, appelant à ne pas restreindre « la liberté d’employer certains mots ». Les termes « Allah Akbar » (« Dieu est grand ») « ne constituent pas par nature des violences », a-t-il souligné, son client n’ayant jamais eu selon lui « l’intention de faire peur ».

Outre la prison avec sursis, M. Fabre a été condamné à une amende de 5.000 euros, et à indemniser chacune des parties civiles à hauteur de 500 euros. Le parquet avait requis un an de prison avec sursis et 1.500 euros d’amende. Conclusion du prévenu, à la barre : « Ça m’a quand même fatigué, toute cette affaire là… ».