VIDEO. Bouches-du-Rhône : Royal et Valls s’affrontent à nouveau sur le dossier des boues rouges

ENVIRONNEMENT Ségolène Royal s’oppose à Manuel Valls concernant l’autorisation accordée à l’usine d’alumine Alteo de Gardanne…

20 Minutes avec AFP

— 

Le Premier ministre Manuel Valls et la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, place Beauvau, le 6 juin 2016.
Le Premier ministre Manuel Valls et la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, place Beauvau, le 6 juin 2016. — WITT/SIPA

Manuel Valls a appelé lundi à « la maîtrise de l’expression » dans son gouvernement après de nouvelles prises de position de Ségolène Royal au sujet des rejets de « boues rouges » au large de Cassis.

>> A lire aussi : La Ciotat se soulève contre les boues rouges

Le chef du gouvernement est intervenu après les prises de position de Ségolène Royal dans l’émission Thalassa vendredi, puis dans ses interviews sur Europe 1 et dans Le Parisien/Aujourd’hui en France lundi.

Dans l’émission de France 3 diffusée vendredi, la ministre de l’Environnement avait de nouveau expliqué ne pas avoir pu s’opposer au Premier ministre fin 2015, concernant l’autorisation accordée à l’usine d’alumine Alteo de Gardanne de poursuivre ses rejets polluants en Méditerranée.

>> A lire aussi : Pour le préfet, Altéo peut continuer son activité (et le rejet de polluants)

« Ce n’est pas une querelle, a ensuite tempéré la ministre sur Europe 1. Thalassa fait un reportage et m’interroge sur la manière dont les décisions ont été prises (sur ce dossier). Moi je dis la vérité des choses ».

Il s’agit « d’eaux largement dépolluées »

Dans un communiqué lundi matin, le Premier ministre réplique à sa ministre : « Il ne s’agit plus de boues rouges chargées en polluants comme par le passé, mais d’eaux largement dépolluées » qui seraient rejetées parl’usine Alteo dans la Méditerranée.

Manuel Valls rappelle quela décision d’autoriser jusqu’en 2022 des rejets industriels chargés en arsenic et en fer a été le « fruit du processus de travail interministériel, à laquelle la ministre de l’Environnement et le ministre de l’économie ont été étroitement associés ».

Selon le communiqué, Manuel Valls « défend une écologie efficace au service de la santé et de l’emploi et il en appelle à la maîtrise de l’expression sur ces sujets ».

« Sur cette question importante, le gouvernement a toujours agi avec une même ligne de conduite : assurer la protection de l’environnement et la santé de nos concitoyens, tout en préservant l’emploi industriel dans une région qui en a besoin », assure-t-il.

>> A lire aussi : Pollution dans les Calanques: Les questions qui se posent sur l'autorisation de rejet de boues rouges

Des dépassements de seuils d’éléments toxiques

L’industriel, qui a rejeté pendant 50 ans des « boues rouges », toxiques, en plein cœur des calanques, a dû modifier ses procédés de production d’alumine à partir de bauxite et ne rejette plus qu’un liquide filtré. Mais ses opposants continuent de dénoncer ces effluents comme très polluants.

En juin, la préfecture des Bouches-du-Rhône a rendu public des dépassements de seuils d’éléments toxiques et mis en demeure Alteo de corriger le tir sous deux mois. Les résultats de nouveaux contrôles sont attendus d’ici la fin du mois.

« Le problème est que les boues sont stockées au sol et créent sans doute des désastres sanitaires au sol ; c’est ça qui est en cours d’investigation », a souligné Ségolène Royal sur Europe 1.

La ministre s’est, dans le passé, déjà opposée à Manuel Valls sur plusieurs dossiers concernant son ministère, notamment celui de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.