Marseille: Pas de risque majeur d’éboulement ou de coulée de boue après l’incendie du 10 août

ENVIRONNEMENT Le préfet des Bouches-du-Rhône Stéphane Bouillon a fait le point trois semaines après le sinistre…

Mickael Penverne

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Un incendie aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille, le 11 août 2016.
Un incendie aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille, le 11 août 2016. — BORIS HORVAT / AFP

Trois semaines après le grand incendie qui a ravagé plus de 3.000 hectares de végétation dans plusieurs communes des Bouches-du-Rhône, le préfet du département Stéphane Bouillon a assuré mardi que le risque d’éboulement des roches, qui ont éclaté sous l’effet de la chaleur, n’était pas « profond ».

« Les services (de l’Etat) ont regardé de près les blocs retenus par les racines, a-t-il expliqué. Les probabilités de chutes de blocs (depuis les collines et les falaises) ne sont pas accélérées ». Cependant, « la durée de vie » des systèmes de prévention des chutes de roches « a été raccourcie ». Ces ouvrages de protection seront donc renforcés, a assuré le préfet. Les travaux, dont on ne connaît pas encore le coût, seront financés par les collectivités locales et l’Etat.

Trente maisons détruites

Alors que les premiers orages ont commencé à gronder dans la région, les risques de coulées de boue restent également mesurés. « A certains endroits, la terre ne retient plus la végétation mais nous ne craignons pas de coulée massive, c’est-à-dire pouvant mettre en danger la vie des personnes », a déclaré Stéphane Bouillon. Une étude sera néanmoins confiée à l’Office national des forêts (ONF) sur les cinq bassins concernés par l’incendie pour « quantifier » les risques de coulées de boue et faire des propositions d’aménagement.

Le 10 août dernier, sous l’effet de la sécheresse et du mistral, plusieurs incendies ont éclaté autour de l’Etang de Berre ravageant près de 3.300 hectares de végétation en l’espace d’une journée, et faisant trois blessés, dont un gravement. Les flammes ont « directement impacté » 1.500 maisons, et 30 ont été « lourdement touchées », a comptabilisé mardi le colonel David Allione, directeur du Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône.

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L’Etat met la pression

Au-delà des conditions climatiques, Stéphane Bouillon a insisté sur la responsabilité des propriétaires de pavillons dont certains n’ont pas respecté l’obligation de débroussaillage. « Le dernier grand incendie remontait à 2004 et les réflexes se sont estompés, a-t-il reconnu. Tout n’a pas été fait » pour éviter ce sinistre. Le représentant de l’Etat enverra donc un courrier aux habitants concernés pour les obliger à débroussailler. « S’ils ne le font pas, l’Etat et les communes le feront, mais à leur frais », a prévenu le préfet.

Certaines communes ont aussi leur part de responsabilité dans cet incendie. Certaines sont visiblement réticentes à organiser pendant l’hiver des « feux dirigés », prévus par la loi du 9 juillet 2001, qui permettent de limiter la propagation des incendies pendant l’été. Sur ce point aussi, l’Etat entend mettre la pression : « On devra leur signaler qu’elles doivent le faire, sinon elles se mettent en danger », a précisé Stéphane Bouillon.

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Pas de reboisement

Trois semaines après le sinistre, les traces du passage des flammes sont encore visibles : la végétation a quasiment disparu, la terre est recouverte de cendres et de nombreux pins calcinés menacent de s’effondrer. « Les plantes reviendront si les pluies sont normales au printemps, a expliqué mardi Hervé Llamas, de l’ONF. Mais pour les arbres, il faudra attendre trois ou quatre ans ».

L’ONF ne procédera pas à des opérations généralisées de reboisement, a-t-il prévenu : « Ce n’est pas la meilleure solution pour reconstituer le milieu. Il vaut mieux laisser la dynamique naturelle. Il faudra donc être patient ». Selon Alexandre Gallese, vice-président d’Aix-Marseille Métropole et adjoint au maire d’Aix-en-Provence, le reboisement de la montagne Sainte-Victoire après l’incendie de 1989 a été un échec « à 90 % ».