Marseille: L'Euro 2016 «s'est bien passé mais ce n'était pas non plus la folie de 1998»

ECONOMIE Les hôteliers ont compensé la baisse du taux d’occupation en augmentant leurs prix…

Mickael Penverne

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Un supporter français dans la fan zone marseillaise.
Un supporter français dans la fan zone marseillaise. — Claude Paris/AP/SIPA

L’Euro 2016 semble avoir réussi à Marseille. La ville a accueilli six matchs, dont la demi-finale entre la France et l’Allemagne, et surtout plusieurs dizaines de milliers de supporters étrangers qui se sont logés, restaurés et abreuvés dans les hôtels, restaurants et pubs de la ville. Quelques jours après la fin de la compétition, les commerçants sont en train de faire leurs comptes et a priori, l’impact a été positif, sans être non-plus exceptionnel.

Selon une étude commandée par l’UEFA et menée par le Centre de droit et d’économie du sport, basé à Limoges, la ville et sa région pouvaient espérer plus de 180 millions d’euros de retombées économiques, dont plus de 20 millions d’euros pour la Fan zone. D’abord délaissée, en raison notamment de son éloignement du centre-ville, celle-ci a accueilli finalement près de 750 000 personnes en un mois, selon la Provence, grâce aux parcours des Bleus jusqu’en finale.

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Croissance à deux chiffres

Les supporters étrangers et français se sont en effet déplacés en masse - dans toutes les villes organisatrices. Le nombre de voyages en train pour Marseille a augmenté de 56 % selon la SNCF en un mois. L’aéroport de Marignane a accueilli, de son côté, plus de 787 000 passagers, soit un trafic en progression de 3,3 % par rapport au mois de juin 2015.

Le trafic national (plus de 328 000 passagers) a augmenté de 3,7 % « grâce aux très bons résultats enregistrés sur Paris Orly et Paris Roissy, affichant des hausses respectives de trafic de 6,7 % et 3,7 % », précise un communiqué de l’aéroport. Parallèlement, le trafic international (plus de 450 000 passagers) a progressé de 3,3 % grâce à « la croissance à deux chiffres (+12,2 %) du trafic intra-européen stimulé par l’accueil » des six matchs de l’Euro.

Des prix de vente en hausse

Sans surprise, ce sont les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration qui ont profité le plus de ces vagues successives de supporters. « Le taux d’occupation des hôtels a été inférieur à celui d’un mois de juin normal mais cela a été compensé par une hausse du chiffre d’affaires grâce à des prix de vente plus élevé », analyse Alain Paulin, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih 13).

Entre les premiers touristes et les congressistes, le mois de juin est le meilleur mois de l’année à Marseille. Le taux de l’occupation se situe en général autour de 90 % mais cette année, il n’a sans doute pas dépassé 85 % cette année. Les hôteliers se sont rattrapés en doublant voire triplant les prix de leurs chambres les jours de match. Le revenu par chambre disponible, soit le ratio entre le taux d’occupation et le prix moyen payé, a ainsi augmenté de 40 % à Marseille pendant la compétition.

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Relance de l’économie

Selon le président de l’Umih 13, les restaurants du centre-ville « ont un peu perdu de la clientèle marseillaise qui a eu peur d’aller en centre-ville », surtout après les incidents sur le Vieux-Port le 11 juin. A l’inverse, les bars et pubs autour du Vieux-Port ont « bien marché » de la présence des supporters. Bref, « dans l’ensemble, cela s’est bien passé mais ce n’était pas non plus la folie de 1998 ».

« On a montré une belle image de la ville et les gens vont revenir, veut croire de son côté Marie-Pierre Cartier, vice-président de la CGPME 13. Même si les grands gagnants sont l’hôtellerie et la restauration, ce genre d’événements sportifs relance quand même l’ensemble de l’économie. Tout le monde y gagne un peu ».

La municipalité a bien compris l’intérêt de ces manifestations internationales pour renforcer l’attractivité de la ville. Après avoir été capitale européenne de la culture en 2013, Marseille sera capitale européenne du sport en 2017, avant d’accueillir Manifesta, la biennale européenne d’art contemporaine, en 2020, et peut-être les sports nautiques des Jeux Olympiques de 2024, si Paris est choisi.