Marseille: Après la bière, la glace, le Pastis... Voici les bonbons au rosé

ECONOMIE Sugarfina s’est associé au domaine du Château d’Esclans pour concevoir des oursons en pâte gélifiée...

M.P.

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Moins intimidant qu'en rouge ou blanc, puissamment associé à la Provence, son berceau, le vin rosé a conquis l'Amérique
Moins intimidant qu'en rouge ou blanc, puissamment associé à la Provence, son berceau, le vin rosé a conquis l'Amérique — GERARD JULIEN AFP

Le rosé n’en finit plus d’être à la mode. Nouvelle star à l'exportation, ce vin de Provence, autrefois cantonné aux pizzas et aux barbecues, se décline désormais à toutes les sauces, que ce soit par le nom ou la composition. On connaissait déjà le cidre rosé en Bretagne, la bière au rosé à Saint-Tropez et même le Pastis 51 rosé à Marseille. Voici le petit dernier : le bonbon au rosé.

Sugarfina, un fabricant américain de sucreries basé à Berverly Hills, s’est associé au domaine du Château d’Esclans, dans le Var, pour concevoir ce nouveau bonbon en pâte gélifiée. Il se présente sous la forme d’un ourson baptisé « Rosé All Day Bears » ou d’une petite rose appelée « Yes Way Rosé ».

La sucrerie, lancée uniquement sur le marché américain, a été un succès immédiat : le stock a été épuisé en quelques heures. Pour faire patienter sa clientèle, l’entreprise a été obligée de créer une liste d’attente sur sa page Facebook. Plus de 6.000 personnes y sont inscrites à ce jour mais le réapprovisionnement n’est pas prévu avant fin juillet.

Capture d'écran du compte Instagram de Sugarfina
Capture d'écran du compte Instagram de Sugarfina - M.P

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Trou varois, trou normand

Ce n’est pas la première fois que le rosé est transformé en sucrerie. Le Varois Alain Martinez a inventé en 2013 un sorbet au rosé baptisé « LichBitSun ». Sa composition est très simple : de l’eau, du sucre et du vin. Et 5 % d’alcool. « On sent le verre de rosé sur la fin » de la dégustation, assure l’inventeur.

Trois ans après son lancement, Alain Martinez continue de commercialiser sa trouvaille dans la région, soit sous forme de petits pots de 10 cl dans quelques épiceries fines, soit dans des pots de 2,5 litres à des restaurateurs triés sur le volet comme La Badiane à Saint-Maxime.

« Ils le servent en trou varois (en référence au trou normand) ou comme une glace d’accompagnement. Cela se marie très bien, par exemple, avec du jambon de Parme et du melon », cite Alain Martinez. S'il existe un sorbet équivalent aux Etats-Unis, LichBitSun est bien la seule glace au rosé commercialisée en Europe.

Capture d'écran du compte Instagram de Sugarfina.
Capture d'écran du compte Instagram de Sugarfina. - M.P

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Les Etats-Unis en rafolent

Cet intérêt pour le rosé n’étonne plus Cédric Skrzypczak, du Conseil interprofessionnel des vins de Provence, un organisme professionnel qui représente plus de 400 producteurs repartis sur 19.000 ha dans les départements du Var, des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes : « Ce vin est à la mode, tout le monde veut s’y mettre ».

En quelques années, les professionnels ont réussi à transformer et à bonifier l’image de ce vin, notamment à l’étranger. Plus de 20% des volumes vont aujourd'hui à l’export, soit 31 millions de bouteilles, dont une grande majorité de Rosé. En 10 ans, l’exportation des vins de Provence a bondi de 287%, passant de 8 millions de bouteilles en 2005 à 31 millions de bouteilles en 2015.

Les Etats-Unis représentent le premier marché puisqu’ils absorbent 36,5 % des exportations, soit 11 millions de bouteilles en 2015. Cet engouement des Américains s’est renforcé notamment après le rachat du Domaine de Miraval en 2008 de Brad Pitt et d’Angelina Jolie. Considéré comme un des symboles de l’art de vivre à la française, ce vin est aussi commercialisé à des prix encore abordables : 4,20 euros la bouteille en moyenne.