Marseille: Christian Estrosi lance une «conférence régionale des arts et de la culture»

CULTURE Le président de la région PACA tend la main une nouvelle fois à la gauche qui l'a soutenue aux régionales...

Mickael Penverne
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Lors de la présentation de la conférence régionale permanente sur les arts et la culture
Lors de la présentation de la conférence régionale permanente sur les arts et la culture — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Après sa « conférence régionale » pour les élus et la « société civile », Christian Estrosi continue de tendre la main à la gauche qui avait appelé à voter pour lui entre les deux tours des élections régionales de décembre 2015. Le président (LR) de la région PACA a inauguré jeudi à la Friche de la Belle de mai la « conférence régionale permanente des arts et de la culture ».

Le lieu n’a pas été choisi par hasard puisque c’est d’ici qu’est partie la mobilisation des artistes contre le Front national pendant la campagne. La Friche avait organisé une journée « artistique et citoyenne » pour protester contre les propos de Marion Maréchal-Le Pen. Lors d’une réunion publique, la candidate du FN avait comparé l’art contemporain à un « l’art d’élite » où « dix bobos font semblant de s’émerveiller devant deux points rouges sur une toile ».

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Vingt personnalités

« Il n’appartient pas au pouvoir politique de trier entre les modes d’expression, entre les artistes, entre les œuvres, a rappelé le nouveau président de région. J’ai mes goûts, j’ai mes passions, j’ai mes détestations, comme vous tous. Je suis libre de les vivre, comme vous tous, parce que, comme vous tous, je suis un citoyen libre (…). Dans mes fonctions, en revanche, je n’ai qu’un principe : liberté du créateur ».

La conférence régionale des arts et de la culture - instance purement consultative - « constituera un lieu d’échanges » entre les artistes et l’ensemble des opérateurs culturels pour « porter la politique culturelle » de la région. Elle sera animée par un comité directeur composé de 20 « personnalités éminentes » comme le comédien et codirecteur du théâtre Liberté à Toulon Charles Berling, le directeur du festival d’Avignon Olivier Py ou encore Bernard Foccroulle, directeur du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence.

Lors de la présentation de la conférence régionale permanente sur les arts et la culture
Lors de la présentation de la conférence régionale permanente sur les arts et la culture - MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Hausse des températures

L’assemblée plénière se réunira une fois pan pour débattre des sujets de la politique culturelle régionale choisis par Christian Estrosi. Le comité directeur recueillera et synthétisera les propositions de cette assemblée qu’il transmettra au pouvoir politique. S’il a promis qu’il n’interviendra « jamais de manière partisane », le président de la région a fixé cependant de manière très précise le cadre des travaux de la conférence.

Elle devra travailler sur cinq thèmes : le développement du numérique, celui du mécénat et du financement participatif, la valorisation du patrimoine et de l’identité régionale, ainsi que l’emploi. Selon Christian Estrosi, la conférence des arts et de la culture devra aussi réfléchir à la saisonnalité des événements : « Il est temps qu’on sache que votre créativité n’est pas seulement conditionnée par la hausse des températures ».

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Le beau et le créatif

Il a également demandé aux acteurs culturels de travailler sur « l’équité territoriale » car « les ressources sont par nature limitées ». Enfin, il les a incités à réfléchir à un mécanisme de soutien à la diffusion. « Vous êtes un facteur de cohésion et d’apaisement, a conclu Christian Estrosi devant les acteurs culturels réunis à la Friche. Vous incarnez ce qu’il y a de plus de beau et de plus créatif ».

« Il avait promis de réunir le milieu culturel qui s’était mobilisé contre le Front national après les élections. Voilà, c’est fait. J’aime les gens qui tiennent parole », a réagi Dominique Bluzet, directeur des théâtres du Gymnase et des Bernardines. « On sent qu’une dynamique très différente s’est enclenchée, a renchéri Charles Berling. Je suis un homme de gauche depuis toujours (…) mais je suis très heureux de sentir qu’il se passe enfin quelque chose ».