Boues rouges: Les rejets en mer de l'usine Alteo ne sont pas conformes

ENVIRONNEMENT L'entreprise a deux mois pour se mettre en conformité...

M.P.

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Des "boues rouges", issues des résidus de bauxite, près de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, le 8 octobre 2010 (archives)
Des "boues rouges", issues des résidus de bauxite, près de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, le 8 octobre 2010 (archives) — Anne-Christine Poujoulat AFP

L’usine Alteo à Gardanne dépasse les normes de rejets autorisés. A la suite d’une réunion de la commission de suivi de site (CSS) des installations du site qui a déversé pendant des décennies des boues rouges en Méditerranée, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris un arrêté de mise en demeure qui oblige « l’exploitant de respecter les dispositions en vigueur » et lui fixe « un délai de deux mois pour la mise en conformité ».

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La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) a en effet effectué une série de « contrôles inopinés » sur le site de Gardanne pour mesurer la qualité des rejets aqueux. Résultat, si « certains taux étaient inférieurs aux seuils réglementaires », d’autres en revanche, étaient non-conformes « sur certains paramètres sur le pH et les matières en suspension », indique la préfecture dans un communiqué.

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Envols de poussière

Mais les ennuis ne s’arrêtent pas pour Alteo puisque la préfecture a pris un second arrêté concernant, cette fois, son site de Bouc-Bel-Air lui imposant « la mise en place de moyens visant à réduire les envols de poussière dans l’environnement ».

L’entreprise, qui a obtenu l’autorisation à la fin de l’année dernière de rejeter en mer des effluents liquides, devra présenter en septembre sa « feuille de route pour la mise en œuvre d’une solution complémentaire de traitement des rejets aqueux », ajoute la préfecture. Elle devra préciser dans un rapport « les technologies » qu’elle compte appliquer pour respecter « le strict respect des normes environnementales et sanitaires en vigueur et présentera le plan d’investissement prévu en conséquence ».

En septembre 2015, Eric Duchenne, directeur des opérations de l’usine Alteo, s’était engagé « à inventer un procédé qui permettra de traiter, soit complètement, soit partiellement, les 0,05 % d’effluents liquides ». En revanche, il n’avait pas donné de date quant à leur application.