Marseille: «La métropole ne doit pas servir qu'à construire des places et des trottoirs»

ECONOMIE Le conseil de territoire Marseille-Provence se réunit vendredi...

Mickael Penverne

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Le tramway de Marseille.
Le tramway de Marseille. — Amandine Rancoule / 20 Minutes

La métropole se met en place très lentement, à la vitesse d'un tram quasiment. Le conseil de territoire est l’un des nouveaux échelons de cette collectivité. Celui de Marseille Provence se réunit vendredi pour adopter plus de 110 rapports.

Il doit donner son avis sur des projets qui relevaient auparavant de la communauté urbaine et qui sont désormais de compétence métropolitaine. Cette nouvelle procédure, qui ne va pas accélérer le traitement des dossiers, est obligatoire.

« Rien ne peut se faire sans (son) assentiment », a souligné jeudi son président Guy Teissier en présentant « ses » dossiers prioritaires – il existe cinq autres conseils de territoire.

  • Un tram du nord au sud

On le sait, le développement des transports est l’un des enjeux majeurs de la métropole naissante. Marseille est l’une des villes les plus embouteillées d’Europe et dans son Plan climat-énergie territorial, l’ex-MPM s’était engagée à réduire de 10 % en 10 ans la part des déplacements effectués en voiture.

Elle avait donc voté en 2015 l’extension du tramway : au nord, de la gare d’Arenc jusqu’au boulevard Capitaine-Gèze (14e), soit 1,8 km de voies, et au sud, de la place de la Castellane vers la Gaye (9e), soit 4,2 km de lignes. Le conseil de territoire doit se prononcer vendredi sur le lancement de la concertation préalable. Le début des travaux est prévu en 2023.

  • Une gare à Plan-de-Campagne

La réduction des bouchons sur la route passe aussi par l’amélioration de la desserte ferroviaire. Le conseil de territoire doit se prononcer sur une convention financière entre l’Etat, les collectivités locales et la SNCF pour lancer les études de modernisation de la ligne Marseille-Gardanne-Aix.

Entre 2006 et 2008, une première phase de travaux a permis de doubler la fréquentation de cette ligne pour atteindre 7.500 voyageurs par jour. L’objectif de cette seconde phase est de doubler cette fréquentation. Elle prévoit notamment la construction d’une gare à Plan-de-Campagne qui coûtera 180 millions d’euros. Sa mise en service est prévue fin 2021.

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  • Un boulevard en prolongement de la rocade

Le conseil de territoire doit aussi donner son avis sur l’intérêt général du boulevard urbain sud (BUS) qui doit relier la L2, au niveau de l’échangeur Florian, à la Pointe Rouge. Long de 8,5 km, le BUS doit permettre d’améliorer la circulation dans les quartiers sud de la ville.

Dès que le conseil de territoire, puis le conseil métropolitain, auront donné leur feu vert à ce projet, le rachat des derniers terrains nécessaires pourra commencer. Sinon, ce sera l’expulsion, notamment pour les usagers des jardins familiaux de Mazargues qui protestent depuis des mois contre le BUS. Les travaux pourraient débuter en mars 2017, et se terminer fin 2020 ou courant 2021.

Les jardins familiaux de Mazargues.
Les jardins familiaux de Mazargues. - Mickaël Penverne / 20 Minutes

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  • Un cours Lieutaud moins encombré

Dernier dossier sur les transports et les déplacements : la requalification du cours Lieutaud (6e). Le conseil de territoire doit émettre son avis sur le lancement d’un concours de maîtrise d’œuvre pour transformer cette artère majeure du centre-ville, aujourd’hui saturée par la circulation avec 25.000 véhicules par jour et un stationnement hors de contrôle.

Il est prévu notamment de réduire la voirie, d’agrandir les trottoirs et même de planter des arbres. Aucune date n’a été fixée pour le début des travaux. Il faudra sans doute attendre l’ouverture complète de la L2, fin 2017, pour voir le dossier avancer.

  • « A quoi sert cette métropole ? »

Même s’il juge ces dossiers prioritaires, Guy Teissier ne peut pas l'ignorer : le calendrier de ces chantiers n’est pas gravé dans le marbre. Selon lui, la capacité d’investissement de la métropole s’établit à 620 millions d’euros, soit le double seulement de l’ex-MPM qui rassemblait 18 communes – contre 92 pour la métropole.

Conséquence probable : « Les chantiers vont s’étirer dans le temps », prévient le président du conseil de territoire qui, au passage, met la pression sur Jean-Claude Gaudin, président du conseil métropolitain. « Quoi qu’il en soit, il faut présenter des projets importants. On ne pourra pas se contenter de faire des places devant les églises ou des trottoirs. Sinon, à quoi servirait cette métropole ? »