Avec Harmony of the Seas, Marseille affiche ses ambitions pour la croisière

ÉCONOMIE Le plus gros bateau du monde est en croisière en Méditerranée jusqu'en octobre...

A.R.

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L'Harmony of the seas.
L'Harmony of the seas. — Royal Caribbean

C’est l’équivalent d’un immeuble de 20 étages, large comme l’Arc de triomphe. L’Harmony of the Seas, le plus gros paquebot du monde exploité par la Royal Caribbean, était pour la première fois en escale à Marseille mardi. Jusqu’en octobre, le paquebot devrait y faire encore 18 fois escales, tous les mardis, soit 120 000 passagers qui vont potentiellement débarquer.

« Marseille devient un port d’escale de référence pour les passagers internationaux en Méditerranée, estime Emmanuel Joly, le directeur commercial France et Espagne de la Royal Caribbean. Avec 2.300 membres d’équipage, le bateau peut transporter jusqu’à 6.410 passagers. « L’an dernier, plus de 88 % des croisiéristes débarquent et vont manger, aller dans les musées, pour une dépense de 40 euros par jours et par personne », indique Jean-François Suhas, le président du Club de la Croisière Marseille.

​« Marseille est en compétition avec Barcelone »

En 2015, la ville a accueilli 1,45 million de croisiéristes et table sur 1,7 million cette année. Elle a réussi à se hisser dans le top 10 des ports de croisière au monde. Mais elle reste encore loin de Barcelone et ses 2,5 millions de passagers. « Pour les Américains en Méditerranée, il faut un attrait culturel car sinon ils vont se faire bronzer sur un bateau à Miami où il fait 28 degrés en ce moment ».Le Mucem, la récente rénovation du Vieux-Port, les excursions vers Cassis, Arles ou Avignon jouent pour l’escale marseillaise.

« Marseille est en compétition avec Barcelone, et nous avons une forte croissance par rapport à elle, estime Jean-François Suhas. Tout va se jouer dans les 20 prochaines années », ajoute-t-il, espérant être dans la short list des ports d’escale de la Royal Carrabean, qui souhaiterait se positionner en Méditerranée. Selon ​ l’association des ports de croisière de Méditerranée, Medcruise​ la ville a même doublé son trafic en cinq ans.

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Devenir tête de ligne

L’enjeu est principalement de devenir une tête de ligne, en début ou fin de croisère, afin d’engranger les nuitées des passagers sur place. « Pour que Marseille soit une tête de ligne, il manque du volume de passagers, pense le directeur commercial France et Espagne de la Royal Caribbean. Nous sommes obligés d’avoir entre 300 et 500 passagers français toute la saison par escale. Comme aujourd’hui sur l’Harmony of the seas, mais il profite de l’effet nouveauté et construction sur le marché français. Barcelone est notre port d’attache pour les croisières car il est accessible pour [les clients] ».

Car Marseille n’a toujours pas de lignes aériennes directes avec les Etats-Unis, contrairement à… Barcelone.