Marseille: Les cyclistes font du RAMDAM pour leurs vélos

TRANSPORTS Cinq associations se sont fédérées pour peser sur les décisions de la métropole...

Mickael Penverne

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A Marseille (archives)
A Marseille (archives) — Gerard Julien afp.com

C’est le premier collectif à l’échelle métropolitaine. Cinq associations de promotion du vélo (l’ADAVA à Aix-en-Provence, Vélos Sapiens à Marseille, les Vélos des étangs du côté d’Istres et Aprovel à Salon) viennent de joindre leurs forces au sein du Rassemblement d’associations pour les modes de déplacements alternatifs dans la métropole (RAMDAM). En se fédérant, elles entendent devenir l’interlocuteur privilégié de la métropole qui dispose de la compétence du transport et des mobilités.

Née officiellement le 1er janvier 2016, la nouvelle collectivité n’a pas encore vraiment pris corps. Certes, le budget général a été adopté mais la machine a du mal à se mettre en route. De nombreux chantiers, par exemple, attendent toujours un feu vert des services techniques et financiers qui tardent à s’organiser. Mais les défenseurs du vélo ne veulent plus attendre. Il est temps, selon eux, de se bouger « les mollets et les méninges ».

La pratique ne décolle pas

Selon une étude de l’Agence d’urbanisme de Marseille (AGAM), publiée en décembre 2015, le « potentiel » du vélo est « sous-exploité ». Sur le territoire de l’ancienne communauté urbaine (aujourd’hui conseil de territoire) Marseille-Provence, par exemple, on ne dénombre que 160 km d’aménagements cyclables. En outre, des contraintes à l’usage persistent, rendant compliqué l’usage du vélo en ville, comme la faible largeur des bandes ou encore le stationnement automobile sur les pistes cyclables.

Résultat, dans l’hypercentre de Marseille, la pratique du deux-roues n’a pas décollé ces dernières années, contrairement à la plupart des autres métropoles comme Nantes, Bordeaux ou Strasbourg. En 1997, la part du vélo dans les déplacements représentait 0,5 %. En 2009, elle n’était que de 1 %. Jean-Yves Petit, président de RAMDAM (et ancien conseiller régional EELV) réclame donc une « rupture dans la gestion de la mobilité ».

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Une question de moyen

Le collectif milite, par exemple, pour la création d’un « réseau cyclable métropolitain », la mise en place des formations à l’usage du vélo dans les écoles et les entreprises ou encore l’instauration d’une prime à l’achat – comme celle accordée pour l’achat d’un vélo électrique. Elle prône enfin la création de « Maisons du vélo » un peu partout sur le territoire métropolitain qui servirait un peu de « stations-service » pour les cyclistes.

Ils pourraient y laisser leur deux-roues en toute sécurité, le réparer ou le faire réparer si nécessaire comme dans la boutique du collectif Vélos en ville à Marseille. Ces « maisons » pourraient aussi proposer des informations sur le réseau des pistes cyclables et des ballades à faire dans les environs, etc. Elles pourraient également accueillir des écoles, ou proposer des formations pour apprendre ou réapprendre à pédaler.

Si ces établissements peuvent être gérés par les associations déjà existantes, un soutien financier de la métropole est nécessaire. Jean-Yves Petit a donc écrit à Jean-Pierre Serrus, vice-président de la métropole chargé des transports (et maire de la Roque d’Anthéron), pour lui demander de prendre « en compte les besoins et les propositions des cyclistes ». « On pense qu’il sera ouvert à la discussion. Après, c’est évidemment une question de moyen », conclu l’ancien élu.