Euro 2016: A Marseille, aucun hooligan russe parmi les dix personnes jugées pour violence

SOCIÉTÉ Les hooligans russes ont échappé aux autorités françaises...

Amandine Rancoule

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Affrontements entre supporters et policiers, à Marseille.
Affrontements entre supporters et policiers, à Marseille. — Darko Bandic/AP/SIPA

Aucun hooligan russe n’a été interpellé après les trois jours de violences à Marseille qui ont fait 35 blessés. Selon Brice Robin, le procureur de la République, environ 150 hooligans russes « extrêmement entraînés », « venus pour en découdre », sont pourtant impliqués dans les violents affrontements de samedi sur le Vieux-Port.

En revanche, dix autres supporters, également impliqués dans ces violences, sont jugés lundi après-midi devant le tribunal correctionnel. Parmi eux un jardinier, un chargé de clientèle ou encore un employé de crématorium…

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« Préparés pour des opérations hyper rapides et hyper violentes »

Certains supporters russes très violents sont arrivés en France « par leur propre moyen », déjouant ainsi la surveillance de la police aux frontières (PAF).

« Ils étaient préparés pour des opérations hyper rapides et hyper violentes », souligne Brice Robin, précisant que la plupart des personnes blessées sont de nationalité anglaise. Un Anglais est notamment dans un état critique. « Il aurait pris des coups de barre de fer sur la tête et souffre d’une commotion cérébrale », précise le procureur.

Les spotters anglais, policiers présents à Marseille pour aider la police française à repérer certains supporters, ont vu des Russes mettre des protège-dents, des gants de combat et des bandanas avant d’attaquer les Anglais sur le Vieux-Port, assure Mark Roberts, le responsable de l’unité spécialisée dans le football de la police britannique dans ​The Gardian. Actuellement, la police française procède au visionnage des caméras de surveillance du Vieux-Port pour tenter d’identifier les auteurs des violences.

« Il n’y a pas eu de faille »

Selon Geoff Pearson, un spécialiste des supporters radicaux à l’université de Manchester, les policiers français « n’ont pas su gérer le mouvement d’ultras russes. Il fallait clairement contenir ce groupe, ou au moins protéger les fans anglais », rapporte l’AFP.

« Il n’y a pas eu de faille », répond le procureur. « Les hooligans anglais ne sont pas entrés sur le territoire français, estime aussi dans ​La Provence​ Laurent Nuñez, le préfet de police des Bouches-du-Rhône. Les spotters anglais ne les ont pas reconnus. Les hooligans russes non plus ne sont pas rentrés en France. Peut-être y en avait-il quelques autres qui étaient à risques (…) On ne peut pas faire grand-chose contre des supporters qui avaient pourtant été dûment filtrés ».

Dix supporters jugés en correctionnelle

Ce lundi, six Britanniques, un Autrichien et trois Français, impliqués dans les violences de samedi sont jugés devant le tribunal correctionnel.

Le parquet va requérir l’incarcération, des interdictions de stade pour les Français, et des interdictions du territoire pour les étrangers. On leur reproche des « violences avec arme par destination », comme des bouteilles en verre, sur des policiers ou des supporters. « Toute action violente pendant la durée de la compétition envers les représentants de l’autorité fera l’objet d’une comparution immédiate », avait déjà prévenu le procureur début juin.

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