Marseille: Les agresseurs d'un policier en 2013 sont renvoyés en correctionnelle

JUSTICE Ils avaient tenté de le noyer…

20 Minutes avec AFP

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La plage des Catalans, à Marseille.
La plage des Catalans, à Marseille. — PATRICE MAGNIEN / 20 MINUTES

Les agresseurs présumés d’un policier victime d’une tentative de noyade après être intervenu pour mettre fin à une altercation sur la plage des Catalans (7e), vont être renvoyés en correctionnelle.

Le fonctionnaire de police attend pour sa part « la reconnaissance de son acte, promise à l’époque, avec une nomination comme brigadier-chef ».

Plusieurs agresseurs lui avaient maintenu la tête sous l’eau

Le 8 juillet 2013, Yazid H., 37 ans, était intervenu après une altercation entre un groupe d’une trentaine de jeunes et un couple, dont le bébé, un nourrisson d’un mois, avait été atteint par des jets de sable. Assailli de coups, il avait fini par tomber à l’eau et plusieurs agresseurs lui avaient maintenu la tête sous l’eau.

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L’un de ses collègues était alors intervenu en dispersant l’attroupement avec une bombe lacrymogène.

Quatre des agresseurs présumés, 3 garçons et une fille, tous mineurs, vont comparaître devant le tribunal correctionnel pour « violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique », a décidé le juge d’instruction chargé de l’enquête. Un autre mineur a bénéficié d’un non-lieu et un sixième va comparaître pour « menaces ». Le policier, avait en effet indiqué, avoir été, un an après l’agression, l’objet de menaces de mort de sa part alors qu’il le croisait par hasard dans la rue.

« J’ai de grosses séquelles psychiques et physiques »

En visite à Marseille quelques jours après l’agression, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, avait rencontré le policier pour lui apporter son « soutien » et sa « solidarité ». « Il y a eu il y a quelques jours ici sur la plage des Catalans une tentative d’homicide particulièrement grave à l’égard d’un policier (…), avait déclaré Manuel Valls. « Il m’a promis que je serais nommé brigadier-chef », a indiqué Yazid H. à l’AFP.

Après un arrêt de travail de deux ans, le fonctionnaire de police a été affecté dans un service de prévention. « C’est une grosse cassure professionnelle, j’ai de grosses séquelles psychiques et physiques », a-t-il ajouté.

« Une non-reconnaissance de l’administration »

Faisant un parallèle avec Kevin, le policier agressé à Paris qui a été promu, le policier marseillais regrette d’avoir été « abandonné » par sa hiérarchie.

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« Aujourd’hui, je suis toujours dans la souffrance d’une non-reconnaissance de l’administration », déplore-t-il dénonçant l’absence de prise en charge de ses soins et de ses frais d’avocats.

En février 2016, le médiateur de la police nationale a émis un avis favorable à une promotion au grade de brigadier-chef ainsi qu’à la prise en charge des frais de justice et thérapeutiques.