Marseille: «Ça va mieux» aussi en Provence malgré la grève

ECONOMIE La reprise de la croissance tend à se confirmer selon la Chambre de commerce et d'industrie...

M.P.

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Chantier de BTP (illustration).
Chantier de BTP (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Après François Hollande, c’est au tour des patrons provençaux de le dire : « Ça va mieux. » Selon le dernier numéro du « tableau de bord de la compétitivité » de la métropole Aix-Marseille Provence, présenté chaque trimestre par la Chambre de commerce et d’industrie (CCIMP), la reprise économique est « à portée de main ».

Alors que le dernier trimestre 2015 avait été marqué par des « inquiétudes » liés notamment aux attentes de Paris, les trois premiers mois de 2016 confirment que le moral des chefs d’entreprise est reparti à la hausse. « C’est la première fois qu’on note une amélioration générale » de la situation depuis la création de ce baromètre, a indiqué Eric Ammar, vice-président de la CCIMP.

Attention, secteur fragile

Les investissements augmentent, les entreprises reconstituent leurs marges et les taux d’intérêt restent bas. Les prévisions d’emploi sont aussi à la hausse. Selon la Direccte, le nombre de demandeurs d’emploi sur la métropole (dans la catégorie A) a baissé de 0,5 % sur un mois, de 1,8 % sur trois mois et de 0,6 % sur un an.

Certes, la croissance reste atone mais les entreprises de la métropole anticipent « une fin de semestre plus positive ». Aujourd’hui, quasiment tous les feux sont donc au vert. Tous… Sauf un : le climat social qui s’est nettement détérioré avec la contestation de la loi travail et qui pourrait peser, s’inquiètent déjà les organisations patronales, sur l’activité économique.

Dans le BTP, par exemple, les entreprises de la région commencent à respirer après des années de marasme. Elles ont retrouvé une petite marge de manœuvre avec un carnet de commandes de deux mois, en moyenne. « Mais c’est un secteur très fragile (…) qui ne peut pas se permettre un mois de décalage », prévient Sébastien Didier, vice-président de l’UPE13.

Effet collatéral

Autre secteur qui a le vent en poupe : le tourisme. Avec l’Euro 2016 en juin-juillet, les hôteliers, cafetiers et restaurateurs s’attendent à un bon début de saison. Les croisiéristes seront également présents au rendez-vous. En 2015, Marseille en a accueilli près de 1,5 million et devrait en accueillir autant cette année. « Le secteur est donc très bien orienté, se félicite Sébastien Didier. Malheureusement, les grèves pourraient avoir un effet collatéral négatif sur cette pépite. »

Outre les trois raffineries du département, une partie du port de Marseille-Fos a été bloquée pendant quelques jours par les manifestants interdisant une trentaine de navires transportant des vracs liquides, hydrocarbures et gaz de débarquer leurs marchandises. Selon le « Cluster » maritime français (CMF), organisation professionnelle du secteur de la mer, 18 escales ont été reportées à Marseille cette semaine. Le mouvement social n’a toutefois pas empêché les autres activités portuaires - conteneurs, passagers, vracs solides, réparation navale – de fonctionner normalement.