La plateforme Le.Taxi arrive à Marseille pour contrer Uber

TRANSPORT L'Etat a créé cet outil qui géolocalise tous les taxis inscrits...

M.P.

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Un taxi à Marseille.
Un taxi à Marseille. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Après Montpellier, la plateforme numérique Le.Taxi arrive à Marseille. Créé par l’Etat après les mouvements de protestation des professionnels contre l’arrivée d’Uber en France, ce nouveau service doit faciliter l’accès des clients à l’offre de taxis via un registre national de géolocalisation. Mais Le. Taxi n’est pas une nouvelle application. « Cela fait plutôt office de pages jaunes (…). C’est comme un référencement », précise Hubert Sellam.

Le président de Taxi Radio Marseille, une des deux compagnies de la ville, détaille son fonctionnement : « C’est utile notamment si vous voyagez beaucoup. Au lieu de télécharger chaque application de taxis de chaque patelin, vous allez sur la plateforme nationale qui géolocalise tous les taxis qui sont à côté de vous. Vous n’avez plus qu’à choisir le taxi et la compagnie que vous voulez ».

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Pas de frais d’approche

Chaque taxi est libre de s’inscrire sur la plateforme. Pour l’instant, à Marseille, seuls les Taxis Marseillais sont présents. Taxi Radio Marseille devrait les rejoindre rapidement. Expérimenté depuis mars à Montpellier, le dispositif sera progressivement étendu à toute la France. Environ 30.000 chauffeurs pourraient y être référencés à terme.

Les clients devraient aussi y trouver leur compte puisqu’ils pourront évaluer le service en attribuant une note au taxi, de zéro à cinq étoiles. Autre avantage : ce nouveau service n’autorise pas les frais d’approche, ce qui veut dire que le chauffeur de taxi s’engage à ne pas faire tourner le compteur tant qu’il n’est pas arrivé sur le lieu de la commande. Une garantie qui vise à rassurer les usagers et améliorer au passage l'image des taxis.

Leur dernière manifestation contre la concurrence d’Uber remonte à janvier. A Marseille, plusieurs centaines de professionnels avaient bloqué le centre-ville, notamment autour de la place Castellane. Pour calmer les esprits, la police avait multiplié les opérations de contrôle pour dissuader les chauffeurs Uber de faire des maraudes pendant que le Délégué interministériel à la circulation routière se lançait dans ce projet de Le.Taxi.

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Moins chers qu’Uber

Parallèlement, les compagnies de taxi ont lancé leur propre application sur smartphones et tablettes pour se mettre à niveau de leur concurrent et tenter d’améliorer leur image. « Aujourd’hui, tout le monde est dans le numérique et on s’était sans doute endormi sur nos lauriers, reconnaît Eric Bouclon, président des Taxis Marseillais, la seconde compagnie de la ville. Avec ces outils, nous faisons notre révolution qui va nous permettre de réaffirmer aux consommateurs que le professionnel du transport reste les taxis ».

En plus de géolocaliser les voitures et de pouvoir les héler électroniquement, la plupart des applications propose une estimation du prix de la course. Et cela change tout, estime Hubert Sellam. « Les gens sont rassurés parce qu’ils savent, à l’avance, combien la course va leur coûter, quasiment à un euro près », explique-t-il. Cette estimation permet aussi aux usagers de comparer les prix avec les chauffeurs de VTC. « Les gens peuvent voir enfin que nous sommes moins chers qu’eux », martèle le président de Taxi Radio Marseille.