Huit ans fermes et pas d'explication

Frédéric Legrand - ©2007 20 minutes

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Les deux adolescents poursuivis pour l'incendie du bus 32, envisagent de faire appel après leur condamnation vendredi à huit ans de réclusion criminelle. Le parquet avait requis contre eux douze ans de prison. A l'issue de plus de trois heures de délibéré, le tribunal a rendu sa décision en public, après une semaine de débats tenus à huis clos.

Dans le box, vêtus de tee-shirts noirs, les deux garçons de 15 et 16 ans ont semblé sonnés par le jugement. Leurs avocats dénoncent une peine « très sévère ». « Huit ans pour un enfant qui n'a pas encore seize ans, c'est énorme », estime Philippe Vouland, avocat du plus jeune. Me Michel Lao s'étonne pour sa part que les deux aient été condamnés à la même peine. Au cours de l'enquête, le plus jeune avait admis avoir ouvert les portes du bus pour faire monter ses copains à l'intérieur, mais assurait s'être éloigné avant qu'ils ne mettent le feu. L'autre avait accepté de collaborer avec la justice en désignant celui qui avait jeté le mouchoir enflammé dans le bus. Malheureusement, à la barre, les deux adolescents n'ont pas expliqué leur geste et n'en ont pas dit plus. « Si nos enfants parlent, ils risquent leur vie », a déclaré la mère de l'un d'entre eux à la sortie du tribunal. La principale victime, Mama Galledou, brûlée à 62 % dans l'incendie, s'est dite « soulagée » par ce jugement, selon son avocat. Sans toutefois commenter la peine : « Elle ne veut pas être un symbole, explique Me Alain Molla. Elle ne veut pas être l'inspiratrice d'une politique pénale répressive. »