Marseille: La recherche se structure contre les maladies neurodégénératives

SANTE Une centaine de chercheurs sont rassemblés au sein du même programme public-privé...

M.P.

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Illustration — INSERM

Une équipe de scientifiques marseillais a fait une découverte qui ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques pour la maladie de Parkinson. Cette étude, menée par Alexandre Eusébio, a été publiée fin avril dans la revue anglaise Brain. Elle porte sur le noyau sous-thalamique (NST) qui est une « structure profonde du cerveau (…) très largement impliqué dans la motricité », explique un communiqué de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM).

Les scientifiques ont placé des électrodes sur douze patients atteints de la maladie. Leur but était de savoir si le NST jouait un rôle dans les relations entre le coût d’une action et son bénéfice. Chaque décision que l’on prend résulte d’un calcul entre le bénéfice que l’on en attend et le coût qu’elle entraîne. Avec leur expérience, les chercheurs ont démontré que le noyau sous-thalamique est bien impliqué dans le processus de décision et de réaction.

Lr programme Dhune

« Il ne faut pas attendre de conséquences immédiates en termes de thérapie, prévient le professeur Jean-Philippe Azulay, chef du service de neurologie et de pathologie du mouvement de l’hôpital de la Timone. Mais ces recherches nous permettent de comprendre un peu mieux les troubles comportementaux. L’intérêt, c’est de comprendre comment les structures cérébrales interviennent dans notre vie quotidienne. Pourquoi tel sujet est impulsif par exemple, et pourquoi tel autre est plus réfléchi ? Cela nous permet de comprendre certains troubles cérébraux que l’on retrouve chez les parkinsoniens ».

Plus de 150.000 personnes sont concernées par la maladie de Parkinson en France. Auxquelles il faut ajouter 850.000 personnes touchées par la maladie d’Alzheimer et 85.000 par la sclérose en plaques. Au total, plus d’un million de personnes sont atteintes par les maladies neurodégénératives. Pour accélérer la recherche, une centaine de chercheurs de l’université d’Aix-Marseille, de l’AP-HM, du CNRS et de l’Inserm ont été rassemblés en effet au sein d’un nouveau programme de recherche baptisé Dhune.

Associés à des industriels locaux et internationaux, deux groupes pharmaceutiques (Sanofi et Ipsen) et à cinq associations de patients, ils travaillent désormais selon une approche « pluridisciplinaire » qui doit permettre d’améliorer le diagnostic clinique, la connaissance de l’évolution des pathologies et la prise de médicaments. Ces équipes (34 au total) vont concentrer leurs efforts sur la découverte de « biomarqueurs » communs à toutes ces maladies.

Partenariat public-privé

Inédit en France, le programme Dhune vise à mettre en commun les connaissances scientifiques mais aussi les moyens avec des équipements de pointe comme l’IRM 7T, installé à l’hôpital de la Timone et qui est seul appareil de ce type en France. Le programme prévoit aussi la création d’une Centre d’affaires neurosciences. Il accueillera sur 2.000 m2 les laboratoires scientifiques mais aussi les bureaux des entreprises pharmaceutiques.

Les futurs résultats de ces recherches seront transférés au « monde socio-économique », précise d’ailleurs un communiqué de l’AP-HM : « L’enjeu est d’accélérer le transfert des connaissances et des technologies » entre le secteur public et privé. Dhune ambitionne ainsi de développer de nouveaux outils informatiques comme des interfaces web ou des applications mobiles. Mais d’ici là, il faudra que les recherches aboutissent à des essais cliniques. Une cinquantaine d’entre eux est en cours.