Marseille: Des habitants de la Plaine planchent sur un projet de rénovation alternatif

quartiers Opposés au projet de réaménagement de la place, ils ont réinvesti le square avec de nouvelles tables en bois…

Caroline Delabroy

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C. Delabroy / 20 Minutes

Un à un, ils ont pris la parole pour poser des mots sur ce qui est en train de se passer à la Plaine. Depuis une semaine, des tables en bois ont refait surface au square Yves-Montand, où elles avaient été délogées mi-mars sur requête de la ville de Marseille et intervention tendue de la police. L’initiative en revient toujours à des habitants et habitués du quartier qui s’opposent au projet municipal de rénovation de la place. Réunis au sein du collectif informel « La Table est Plaine », ils ont réinvesti samedi les lieux de façon festive, avec la volonté d’inventer la suite de la mobilisation.

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« Ces tables, c’est un peu l’antithèse de l’ombrière du Vieux-Port », commence Bruno, craignant qu’un long chantier « étouffe complètement la vie de quartier », à l’image de la rue de la République ou de la rue de Rome. « Il y a une seule politique à la mairie de Marseille : l’attractivité touristique », dénonce en écho Yves, pour qui le projet de rénovation « reste déconnecté des besoins de la population ». Entre le marché, les voitures, les jeux d’enfants, les terrasses de café, les usages sont nombreux sur cette place Jean-Jaurès. « Ce sont des pratiques multiples qui coexistent et cohabitent, les changer c’est aussi changer les usagers », prévient aussi Marie.

« On n’est pas une bande d’antifascistes »

Mais le collectif entend dépasser la simple posture d’opposition et proposer un contre-projet. « On n’est pas une bande d’antifascistes comme la ville a parfois envie de nous présenter », lance Ben au micro. Ils sont plusieurs à suivre la concertation organisée par la Soleam, à qui la ville a confié l’opération de réaménagement dont le budget est estimé à 11,5 millions d’euros. Parmi eux, des urbanistes et des architectes qui « décryptent le cahier des charges ».

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L’heure n’est plus à dénoncer une concertation qu’ils estiment à bien des égards factice, mais à « co-construire » un projet pour la place. « Les tables, c’est un début pour réfléchir ensemble, pour discuter et élaborer collectivement », estime Ben, invitant tout à chacun : « Venez sur les tables proposer vos idées ! ». A terme, le collectif n’exclut pas de rencontrer les quatre équipes d’urbanistes qui planchent sur le projet de la ville. Dans tous les cas, le début des travaux n’est pas prévu avant l’automne 2017.