Marseille: Comment la Corse veut prendre la main sur l'ex-SNCM

ECONOMIE La majorité nationaliste veut « sécuriser » le dossier…

Mickael Penverne

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Le logo de la Corsica Linea.
Le logo de la Corsica Linea. — AFP

Le président de l’Office des transports de la Corse, Jean-Félix Acquaviva, était présent lundi matin à Marseille pour évoquer la situation de la Corsica Linea, ex-SNCM. Il a rencontré Christine Cabau-Woehrel, directrice du Grand port maritime de Marseille (GPMM), puis Jacques Pfister, président de la Chambre de commerce et d’industrie.

  • Un nouveau modèle « sécurisé »

Dans ce dossier, « le contentieux est la règle », a d’abord regretté Jean-Félix Acquavia. Depuis au moins deux ans, les procédures judiciaires s’enchaînent autour de l’ex-SNCM. Et ce n’est pas terminé. Rachetée à l’origine par le groupe corse Rocca, la compagnie est en train d’être fusionnée avec Corsica Linea. Or, le comité d’entreprise conteste ce nouveau montage devant le tribunal de commerce de Marseille. L’audience est prévue le 18 mai. Rappelant le rejet de l’ex-SNCM dans l’opinion publique corse, le président de l’OTC a d’abord indiqué vouloir « sortir du contentieux » et bâtir un « nouveau modèle fiable et sécurisé ».

  • OSP ou DSP ?

Pour sécuriser son prochain modèle de continuité territoriale, l’Office des transports de la Corse va proposer un « nouveau cheminement », validé par la Commission européenne et donc conforme, selon Jean-Félix Acquaviva, au droit communautaire. Plutôt que de lancer directement une nouvelle délégation de service public (DSP), elle va d’abord procéder à une « consultation théorique » sur une « obligation de service public » qui correspond à une obligation d’exploiter, de transporter et une obligation tarifaire en échange d’une subvention. En l’occurrence, une rotation quotidienne sur Bastia et Ajaccio, sept jours sur sept, 365 jours par an, avec des tarifs déterminés (et plutôt bas) à l’avance. Si les compagnies (Corsica Linea, CMN, Corsica Ferries…) ne sont pas en mesure de répondre à ce cahier des charges, l’OTC passera à la seconde phase, à savoir le lancement d’une DSP pour la période 2017-2025. Celle-ci ne se fera plus sur un « périmètre global » avec une enveloppe globale, mais « ligne par ligne » (Bastia-Marseille et Ajaccio-Marseille).

Jean-Felix Acquaviva de l'OTC et Jacques Pfister de la CCI
Jean-Felix Acquaviva de l'OTC et Jacques Pfister de la CCI - MickaÎl Penverne / 20 Minutes
  • Une compagnie corse

Lors de sa visite à Marseille, l’élu corse a réaffirmé la volonté de la majorité nationaliste de prendre le contrôle des liaisons maritimes entre l’île et le continent. Cette « maîtrise des outils » prendra la forme d’une entrée dans le capital de la Corsica Linea de la Collectivité territorial de corse (CTC). Jean-Félix Acquaviva n’a donné aucun chiffre, ni calendrier sur ce nouveau « partenariat public-privé » mais l’OTC est déjà en train de discuter avec la compagnie pour qu’elle lui cède une partie de ses bateaux. « Les discussions de gré à gré se passent bien », a indiqué Jean-Félix Acquaviva, sans donner davantage de détail. Avant d’ajouter : « Sinon, il reste le tribunal ».

  • Marseille reste le port d’attache de la compagnie

Si le siège social de la future compagnie corse ira s’installer à Ajaccio, le président de l’OTC a rassuré la direction du port et les entreprises marseillaises qui travaillent sur cette liaison maritime : « L’assemblée de Corse a considéré qu’il fallait renforcer la coopération avec Marseille », a déclaré Acquaviva. Sans constituer véritablement une surprise, la nouvelle a cependant soulagé tout le monde. « Marseille redevient le port de dialogue naturel avec la Corse dans la future opération, a lancé Jacques Pfister. Quelque chose est en train de se renouer ». Johan Bencivenga, de l’UPE13, s’est dit rassuré de voir Marseille redevenir « la porte d’entrée de la Corse. Cela aurait été dramatique si cela n’avait pas été le cas ».