Corse: La guerre entre la bande du Petit bar et le clan Orsoni devant le tribunal

JUSTICE Un membre supposé de la bande du Petit bar comparaît en appel pour le meurtre d'un proche d'Alain Orsoni...

20 Minutes avec AFP

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Alain Orsoni (photo archives)
Alain Orsoni (photo archives) — V. WARTNER / 20 MINUTES

Jean-Bernard Leca est rejugé en appel à Aix-en-Provence à partir de lundi. Il avait été condamné en première instance à 29 ans de prison pour l’assassinat en 2009 à Ajaccio de Noël Andreani, 58 ans. Celui-ci avait été tué le matin du 26 juin 2009, alors qu’il venait de quitter son domicile. Circulant à scooter, il avait été renversé par une voiture, dont le conducteur était sorti pour l’abattre de cinq coups de fusil de chasse - dont un dernier coup de grâce dans la tête.

Se fondant notamment sur des témoignages - dont les auteurs se sont depuis rétractés - et sur un renseignement anonyme, les enquêteurs ont orienté leurs recherches vers Jean-Bernard Leca. Selon ce renseignement anonyme, l’assassinat aurait été commandité par Francis Castola, un des leaders de la bande du « Petit Bar », en représailles contre le clan Orsoni.

Guerre des clans

L’ancien dirigeant nationaliste Alain Orsoni était proche de Noël Andreani, avec qui il avait notamment partagé des responsabilités dans l’AC Ajaccio. Andreani était également un proche d’Antoine Nivaggioni, qui sera lui-même assassiné le 18 octobre 2010 à Ajaccio.

Lors du premier procès, les enquêteurs avaient rappelé la série de règlements de comptes ayant opposé les deux bandes rivales : celle du Petit Bar, composée de « jeunes malfaiteurs spécialisés dans les extorsions de fonds et le trafic de stupéfiants » et « l’équipe très influente dans la vie économique corse des ex du Mouvement pour l’autodétermination » (MPA) d’Alain Orsoni, la vitrine légale du FLNC-Canal habituel.

Construction intellectuelle

Selon les policiers, la mort accidentelle, en novembre 2006, de parrain corse Jean-Gé Colonna serait à l’origine de cette « guerre de territoires sur des intérêts économiques dans la région ajaccienne », se traduisant par une recrudescence de règlements de comptes : environ 45 pour les années 2008 à 2010, soit autant que sur la période allant de 2000 à 2007.

« Je n’avais aucune raison de m’en prendre à Noël Andréani », avait déclaré en première instance Jean-Bernard Leca, dont les défenseurs avaient plaidé l’acquittement. « Tout cela est fondé sur une construction intellectuelle de la Jirs (Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille) qui essaie à tout prix de résoudre les affaires corses. »