OM: Club mis en vente, Michel débarqué, relégation possible… Mais que se passe-t-il dans la tête des joueurs en ce moment?

FOOTBALL Romain Alessandrini a avoué être un peu dépassé par les événements...

C.L.

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Rémy Cabella le 7 février 2016 après la défaite face au PSG
Rémy Cabella le 7 février 2016 après la défaite face au PSG — BORIS HORVAT / AFP

Il n’y a pas plus mauvais timing pour une demi-finale de Coupe de France. L’OM, quinzième en championnat, ne s’est pas encore mis à l’abri d’une relégation. Au club, c’est la pagaille la plus totale.

Vincent Labrune est poussé vers la sortie. Margarita Louis-Dreyfus veut vendre le club et, cerise sur l’indigeste gâteau, Michel est débarqué sans égard, la veille d’un rendez-vous capitale pour les Marseillais.

« Dépassés »

Les joueurs, eux, encaissent. Assurément mauvais sur le terrain. « On sait très bien qu’on a fait une saison très moyenne, lâchait un Romain Alessandrini manifestement affecté ce mardi, mais on nous le répète un peu trop souvent. » Le malaise sportif se mêle aux histoires politico-économiques du club le plus populaire de France. Et les joueurs, autant surprotégés la semaine que jetés en pâture le week-end sur la pelouse, sont déboussolés.

« Il y a tellement de choses qui se passent autour de ce club, on est un peu dépassés parfois », avouait le milieu de terrain.

A l’image d’un Rémy Cabella toujours remobilisateur au milieu de ses coéquipiers, mais largué sur le terrain. Comme à cet instant, où il a tenté de stopper, de la main, un ballon qui pénétrait dans les cages de Mandanda à Monaco. Quand Benjamin Mendy, lui, s’égare au stade autant que dans ses nuits marseillaises.

« L’entraîneur ne m’aime pas »

« Très peu de choses sont faites au niveau psychologique dans le football français, déplore Raphaël Homat, préparateur mental, auprès de nombreux joueurs de Ligue 1. Il ne suffit pas de chanter une chanson debout sur une chaise, pour s’intégrer dans un groupe. »

Des joueurs paumés, le spécialiste en voit défiler dans son cabinet. Là où les laconiques « c’est difficile pour nous », de zone mixte, se transforment souvent en confidence de querelles de coéquipiers ou en mal-être de type « l’entraîneur ne m’aime pas ».

« Dans ces moments-là, on est dans une spirale négative, se souvient Edouard Butin, qui a vécu une relégation en Ligue 2 avec le FC Sochaux, au milieu de multiples changements d’entraîneurs et d’une mise en vente du club. Il y a moins de joie de vivre et voir le coach débarqué, ça met mal à l’aise, parce qu’on sait qu’on n’a pas fait notre boulot. »

Le mythe du « choc psychologique », « comme de la vitamine C »

Evidemment, Franck Passi, l’intérimaire, espère « le déclic ». Le « choc psychologique » dû au changement d’entraîneur, comme certains l’ont théorisé. « Souvent, le nouveau relance certains joueurs, raconte l’attaquant de Valenciennes, lui-même placé en pointe à l’arrivée d’Eric Hély à Sochaux. Une nouvelle dynamique peut s’enclencher, mais c’est très aléatoire. »

« Sans vouloir faire du Bourdieu, appuie Homat, un même groupe d’acteurs générera un même état d’esprit, même s’il peut y avoir des pics. C’est une dose de vitamine C, disons. » Tu peux faire une cure en cas de coup de mou, mais si tu ne changes pas d’alimentation, tu ne retrouveras pas la forme.

« C’est comme la rentrée des classes, illustrait Rolland Courbis, entraîneur habitué à prendre des clubs en cours de saison. Tout le monde a son cartable bien rangé pour plaire au nouveau professeur. Mais trois mois après, les anciens problèmes refont surface. » A l’OM, un mois suffirait.