OM: Frank Passi, passion intérim

FOOTBALL L'éternel adjoint enfile à nouveau son costume de pompier du club marseillais...

C.L.

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Franck Passi le 19 avril 2016 à la Commanderie, à Marseille.
Franck Passi le 19 avril 2016 à la Commanderie, à Marseille. — B.Langlois

Qu’est-ce qu’on a fait des tuyaux ? Pas de panique, Franck Passi sort la grande échelle. L’éternel adjoint a été nommé ce matin entraîneur de l’OM, pour suppléer un Michel assez peu courtoisement remercié. Une deuxième apparition sur le devant de la scène cette saison après un intérim d’une semaine en août, lorsque Marcelo Bielsa a claqué la porte. A force, on commence à s’y habituer. Serein, plus vissé au club que le portail de l’entrée de la Commanderie, Franck Passi est LE pompier d’un OM coutumier des crises.

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El Local, le « fidèle » selon Labrune

Serein, il a assuré ce mardi sa première conférence de presse (ère post-Michel), au centre d’entraînement d’un club « en péril » comme il le dit lui-même. De quoi être un peu nerveux, non ? « La pression m’a toujours boosté dans la vie, répond-il, mi-flegmatique, mi-hyper sûr de lui, elle me permet d’être calme et clairvoyant. »

Passi est un mur à la Commanderie. Parce qu’il est celui sur qui tous les joueurs retombent après s’être cassé les dents sur les numéros 1. C’est sur son épaule que venaient pleurer les joueurs épuisés par Bielsa. C’est auprès de Passi que les plus jeunes trouvaient un peu de stabilité sous l’ère Michel. Parce qu’il est aussi à l’OM depuis ses 20 ans. D’abord comme joueur entre 1986 et 1988, puis dans le staff depuis 2006. « Franck est un garçon remarquable, fidèle à l’institution », louait en août un Vincent Labrune bien soulagé par son pompier à chaque délire olympien.

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L’homme de l’ombre ne fait pas de vagues, jamais. Adjoint d’Elie Baup, puis de Marcelo Bielsa, de Michel, et probablement de son successeur, il se fond sur le banc autant qu’il prend la lumière quand on lui demande. Comme ce matin quand le président lui a envoyé un texto. A l’entraînement, il est toujours là, gérant une moitié du groupe quand l’Espagnol prenait l’autre. Les soirs de match aussi, griffonnant sur une feuille quelques indications qu’il soufflait ensuite au patron en costume.

Passi met sa patte sans vouloir briller

Ce mardi, il retrouve le micro avec une simplicité déconcertante. « L’agréable surprise, c’est qu’il a été capable de s’adapter à ce rôle de numéro deux, commentait son frère Gérald, recruteur pour l’OGC Nice. Au départ, il a fallu qu’il travaille sur lui. Son naturel, c’est d’être numéro un. Dans son caractère, il est taillé pour ça. »

Franck Passi à Reims le 16 août 2015
Franck Passi à Reims le 16 août 2015 - P.Huguen

En août, son seul match en tant qu’entraîneur avait débouché sur une défaite à Reims (1-0). Pragmatique, Passi avait gardé « cette volonté de presser », instauré par l’Argentin, tout en mettant « sa patte », selon les mots de Steve Mandanda, pour notamment que l’effectif retrouve du plaisir après le forçat Bielsa. « Dans la forme de jeu, des joueurs ne se sentaient pas à l’aise, avait lâché le Biterrois d’origine dès son intronisation. Donc pour profiter des qualités de tous nos joueurs, on va essayer de s’améliorer. »

Cette fois, avec cinq ou six matchs devant lui, le numéro un par intérim ne compte pas changer de système. « On va essayer d’atteindre le cerveau et le cœur des joueurs, pariait-il ce mardi, sans solennité ni légèreté, je vais lancer une mission commando pour sauver ce club de la relégation. » Avant de ranger la lance à incendie dans son vestiaire d’adjoint.