Vente de l'OM: C'est officiel, ok, mais ça change quoi concrètement?

FOOTBALL Le souhait de Margarita Louis-Dreyfus de céder le club était un secret de Polichinelle...

C.L.

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L'entrée de la Commanderie à Marseille le 14 avril 2016
L'entrée de la Commanderie à Marseille le 14 avril 2016 — B.Horvat

Les désirs de vente de Margarita Louis-Dreyfus n’ont jamais été un secret. La femme d’affaires avait déjà confié une partie de la gestion stratégique et financière du club à la banque Rothschild. Et rien ne l’empêchait de rencontrer, sans officialiser quoi que ce soit, des repreneurs intéressés par l’OM. Alors pourquoi annoncer cette mise en vente, à grand renfort d’effets médiatiques ? Et surtout, qu’est ce que ça va changer pour un acheteur potentiel ?

Le prix du club va pouvoir être évalué

« MLD comptait vendre l’OM dès qu’elle l’a repris en 2009, explique Pierre Rondeau, économiste du sport. La dernière journée [les débordements pendant OM-Bordeaux], n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mais maintenant, les gens savent et les acheteurs potentiels peuvent se positionner ». Des audits financiers vont par exemple pouvoir être réalisés.

Surtout, la mise en branle du marché va déterminer la valeur d’échange du club. Sa valeur d’usage se situe autour de 100 millions. C’est-à-dire la somme des actifs (valeur des joueurs et du staff, biens possédés par le club) moins les dettes. « Mais avec la loi d’offre et de la demande, le prix a des chances d’être tiré vers le haut », explique le spécialiste.

Peut-être la chance des socios

Et pas vers le bas ? Si, si l’OM, 14e de Ligue 1 actuellement, plonge encore. Même si décrocher la Coupe de France pourrait provoquer l’effet inverse. « A cause de ce risque, il y a peu de chances que des acheteurs, de type fonds d’investissement par exemple, se manifestent avant la fin de la saison. » Seul un mécène passionné, pourrait sauter le pas dès maintenant. Dans tous les cas, à moins qu’une procédure de cession ne soit déjà engagée, les négociations prendront au moins un ou deux mois, et ont de fortes chances de se clôturer pendant l’été.

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L’inconnue reste l’interprétation de cette phrase du communiqué de l’actionnaire : « Le prix n’est pas ma préoccupation première ». « Va-t-elle brader le club ou chercher à générer des bénéfices ? », s’interroge Rondeau. La formule a des chances d’attirer du monde et de faire grimper le prix du même coup. A l’inverse, MLD pourrait implicitement ouvrir la porte à des supporters, qui pourraient même tenter leur chance, via un système de socios. « Un repreneur pourrait aussi décider de céder 10 % du capital aux fans », avance l’économiste du sport. Certains ont déjà commencé à se cotiser sur Internet.