Marseille: Un détenu se suicide aux Baumettes, le SPS demande plus de moyens

SOCIETE L’homme, en détention provisoire depuis 2014, avait 44 ans…

A.R.

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Marseille le 25 avril 2012 - La prison des baumettes
Marseille le 25 avril 2012 - La prison des baumettes — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Un détenu de 44 ans s’est suicidé par pendaison ce jeudi matin dans sa cellule du quartier disciplinaire de la prison des Baumettes. Il était en détention provisoire depuis 2014.

Selon le syndicat SPS, il venait d’être assigné le matin même en quartier disciplinaire pendant dix jours. « Une demi-heure après son placement en cellule, les surveillants l’ont découvert pendu avec les draps, souligne Cyril Antolin, le secrétaire régional SPS de Paca et de Corse. Ils ont essayé de le ranimer avant l’arrivée des marins-pompiers ». D’après le directeur interrégional adjoint de l’administration pénitentiaire, il avait été placé en quartier disciplinaire après avoir proféré des « menaces graves avec arme » à l’encontre de codétenus et de surveillants.

Mardi, un détenu des Baumettes, âgé de 22 ans, a reçu plusieurs coups de couteau au thorax. Il a été réintégré mercredi. En décembre, un détenu de 35 ans avait également reçu neuf coups de couteau, notamment au cou et au poumon, lors de la promenade.

Des colis jetés dans la cour

« A Marseille, les événements qui se déroulent à l’extérieur de la prison continuent à l’intérieur : la guerre des gangs est dedans également, estime Cyril Antolin. Les projections de colis dans la cour sont régulières », raconte-t-il. Selon le SPS, certains d’entre eux contiennent des matraques, des couteaux, des téléphones portables ou encore du cannabis. « Les détenus remontent les colis dans les cellules avec des cordages hissés par ceux qui ne sont pas en promenade. Nous ne sommes pas assez de surveillants pour aller dans la cour avec 100 détenus ».

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Selon le SPS, il y a au total 530 surveillants aux Baumettes. Il en manquerait 50 pour assurer « correctement les missions de sécurité ». Le syndicat demande également d’avoir des pouvoirs de police judiciaire pour interpeller les personnes jetant les colis à l’extérieur. « Le surveillant dans le mirador les voit mais ne peut rien faire », déplore Cyril Antolin.

Le SPS déplore également de ne pas pouvoir fouiller les détenus à la sortie des parloirs famille. Il soupçonne l’entrée en prison d’armes en céramique, qui ne sonnent pas aux portiques, ou de drogue par ce biais.

Une surpopulation carcérale

Au 1er mars 2016, la prison des Baumettes comptait 1.642 détenus pour 1.196 places, selon les statistiques du ministère de la Justice.

En février 2017, le bâtiment des Baumettes 2 devrait ouvrir à côté des Baumettes, où un bâtiment vétuste devrait être fermé. Dans la région, les prisons de Luynes et de Draguigan devraient bénéficier de nouveaux bâtiments en 2018.

En 2012, l’ancien contrôleur général des prisons, Jean-Marie Delarue, avait sévèrement critiqué les conditions de vie aux Baumettes. « L’insalubrité et l’absence d’hygiène sont consubstantielles à la plus grande partie de l’établissement », avait-il indiqué dans un rapport, soulignant que cette situation « est dans l’ensemble parfaitement connue » depuis plus de vingt ans.