Marseille-Nice: Cinq questions autour de la future ligne TGV

TRANSPORTS La concertation publique est lancée jusqu’en novembre…

A.R.
— 
Huit personnes, dont quatre mineurs, doivent être présentées lundi après-midi à un juge d'instruction pour avoir immobilisé un TGV samedi à proximité d'une cité à Marseille, dans un but "artistique" et non crapuleux, a annoncé le parquet.
Huit personnes, dont quatre mineurs, doivent être présentées lundi après-midi à un juge d'instruction pour avoir immobilisé un TGV samedi à proximité d'une cité à Marseille, dans un but "artistique" et non crapuleux, a annoncé le parquet. — Boris Horvat afp.com

Place à la concertation. Le projet de ligne nouvelle Paca, dont le coût est estimé à 12 milliards d'euros, entre dans une phase d’information du public. Du 21 avril au 30 novembre, les habitants de la région seront notamment informés du projet via des réunions publiques. « L’enquête d’utilité publique sera lancée en 2017 », selon Stéphane Bouillon, le préfet de la région.

Une ligne à grande vitesse dite LGV Paca, devait voir le jour à l’horizon 2023 mais a été abandonnée par le gouvernement pour cause de rigueur budgétaire.

Quel est le calendrier ?

« Nous avons priorisé les travaux là où les contraintes semblaient les plus importantes, à savoir le nœud ferroviaire marseillais et le nœud ferroviaire azuréen », assure Jean-Michel Cherrier, le directeur territorial adjoint de la SNCF Réseau. La priorité concerne donc le traitement des nœuds marseillais et azuréen jusqu’en 2030. De 2030 à 2050, la priorité portera sur la réalisation d’une nouvelle infrastructure entre Aubagne et Toulon. Après 2050 seront réalisées les sections Toulon/est Var, Nice et Italie.

Quelles propositions pour désaturer les nœuds ?

L’objectif de la SNCF Réseau, maître d’ouvrage, est d’obtenir la déclaration d’utilité publique fin 2019 et d’engager les travaux en 2022.

  • A Marseille, le projet prévoit notamment une nouvelle infrastructure traversant l’aire marseillaise du Nord à l’est, jusqu’à la vallée de l’Huveaune. Deux nouvelles voies vont être créées sur 24 km, dont 11 de tunnel avec une gare souterraine à Saint-Charles.
  • Autour de Nice, le projet prévoit de créer une nouvelle infrastructure qui constituera une boucle ferroviaire de la ligne Cannes-Grasse jusqu’à Nice. La création de deux nouvelles voies est aussi en projet, avec 19 km environ en tunnel et deux nouvelles gares à Nice Aéroport et Ouest Alpes Maritimes.

Quelle concertation ?

Jusqu’au 30 juin, plusieurs ateliers avec les associations et les acteurs socio-économiques vont être organisés. Dans le même temps, les élus locaux s’exprimeront sur les différents tracés et les positions des gares. Puis viendra le tour des habitants en septembre, octobre et novembre.

Où s’informer ?

Les comptes rendus seront consultables sur www.lignenouvelle-provencecotedazur.fr. Toutes les dates des réunions et les lieux seront aussi indiqués sur ce site.

Le public peut aussi s’informer sur Twitter @ProjetLNPCA. Il est aussi possible d’envoyer un courrier à SNCF Réseau, les Docks Atrium 10.4, 10 place de la Joliette (2e).

Pourquoi une ligne nouvelle ?

« Les lignes ferroviaires de la région sont saturées, indique Christian Estrosi, le président de la région. La force de Lille est d’être à une heure de Paris et de Bruxelles, nous essayons de créer les mêmes conditions ».

Car la région dispose du plus petit linéaire de voies ferrées par habitant de France, selon la SNCF, avec 2,5 km pour 10 000 habitants. L’actuel système ferroviaire ne dispose d’aucune solution de contournement. Un incident sur la ligne, qui date de 1860 alors que la région comptait 3 fois moins d’habitants qu’aujourd’hui, peut ainsi provoquer des retards et d’annulations sur une grande partie du réseau entre Marseille et Vintimille, voit jusqu’à Lyon ou Paris.

>> A lire aussi : Un réseau ferré vieillissant et mal financé

L’an dernier, le nombre de déplacements en PACA s’élevait à 2,6 milliards par an. Jusqu’en 2025, il faudra absorber 30 millions de déplacements supplémentaires compte tenu de la croissance démographique.

 

 

 

Le TGV Atlantique

En juillet 2017, il faudra 2 heures pour faire Bordeaux/Paris en TGV, contre trois heures aujourd’hui. Au total, 33,5 allers-retours par jour, 33 dans un sens, 34 dans l’autre, rallieront Bordeaux et Paris, dont 18 sans arrêt. L’ouverture des futures dessertes, le 2 juillet 2017, correspond à la mise en service de la LGV Tours-Bordeaux de 340 km. Un projet de 7,8 milliards d’euros financé par un partenariat public privé.