La Ciotat: L'entreprise de «refit» Compositeworks cherche à se développer

ÉCONOMIE Un appel à projets est lancé pour la Grande forme, qui va ouvrir en novembre…

A.R.

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Marseille 08 AVRIL 2016 L'entreprise Compositeworks a fait 43 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2015.

Marseille 08 AVRIL 2016 L'entreprise Compositeworks a fait 43 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2015. — Amandine Rancoule / 20 Minutes

Désormais, il le dit en souriant. « Nous étions très naïfs mais finalement ça a été une bonne chose, estime Ben Mennem, le fondateur il y a 20 ans de l’entreprise Compositeworks, à la Ciotat. Parce que nous étions étrangers, nous avons vu uniquement les choses positives du site. Car quand on est arrivé c’était un endroit incroyablement triste où les bateaux n’avaient pas envie de venir ».

Aujourd’hui, Composteworks, spécialisée dans la réparation de mégayachts, se présente comme le numéro 2 mondial de «refit» de yacht de plus de 80 mètres. Elle enregistre 43 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une progression de 23 % par rapport à 2014.

« Nous avons été obligés de refuser des clients »

« 70 % des yachts naviguent en Méditerranée, pense Ben Mennem. Ces cinq dernières années, 30 % de la flotte mondiale est venue nous voir ». Car le marché est en pleine expansion. « Les chantiers du Nord ont les commandes pleines jusqu’en 2020 », assure le fondateur de la société.

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Mais la société est confrontée au manque de place, malgré ses 1.750 mètres linéaires à la Ciotat. « Nous sommes pleins ici, nous avons besoin d’autres endroits, car nous avons été obligés de refuser des clients », souligne Christophe Mouliearc, le directeur du développement. Une dizaine de navires, soit une perte estimée entre 5 et 10 millions d’euros pour l’entreprise.

Marseille 08 AVRIL 2016 L'entreprise Compositeworks veut se développer
Marseille 08 AVRIL 2016 L'entreprise Compositeworks veut se développer - Amandine Rancoule / 20 Minutes

La semaine prochaine, l’entreprise accueille un yacht de 140 mètres de long. « On est obligé de les envoyer à la Seyne, et après à Marseille », raconte Ben Mennem. Cet hiver, sur les trois formes de Marseille, 7 millions d’euros de chiffre d’affaires ont été engendrés.

Compositeworks ne veut pas se laisser doubler par ​ la concurrence​. Récemment, elle a intégré un bureau d’études technique à ses équipes. Grâce à l’acquisition d’un système de balayage laser 3D, elle gagne du temps. Le yacht est scanné avant son entrée au chantier, « n’importe où dans le monde » de manière à ce que les composants soient prêts dès l’arrivée du bateau.

La Grande forme de la Ciotat

Depuis mi-octobre, la Grande Forme de la Ciotat, utilisée jusqu’alors par la société, est en travaux. L’espace de 360 mètres de long pour 60 mètres de large devrait être à nouveau opérationnel en novembre. Mais elle fait l’objet d’un appel à projet de la part de l’organisme public de gestion des chantiers navals de La Ciotat, la Semidep, pour trouver un partenaire. « On peut mettre des pontons qui augmenteraient la capacité de 50 % », indique déjà Ben Mennem. Cet agencement permettrait notamment à l’entreprise de traiter deux bateaux en même temps.

« On peut imaginer un futur plus important et l’on veut investir ici », précise Christophe Mouliearc. La société embauche 100 personnes, en hausse de 20 % par rapport à l’an passé, avec 300 emplois induits chez les 250 sous traitants avec qui elle travaille. Compositewoks estime à 10 millions d’euros les retombées économiques engendrées notamment par les équipages de bateaux en «refit». « On a encore besoin d’embaucher, indique le directeur du développement. On doit former des gens à nos métiers ». A la Ciotat, Compositeworks dit être le deuxième employeur de la ville.