Air cocaïne: Les soutiens de Nicolas Pisapia réclament un «geste» à Jean-Marc Ayrault

JUSTICE Le Français, originaire de Velaux, comparaît le 8 avril en appel dans l'affaire Air cocaïne...

Mickael Penverne

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Nicolas Pisapia à Saint-Domingue.
Nicolas Pisapia à Saint-Domingue. — AFP

Il est le seul Français, pour l’instant, à comparaître dans cette affaire. Le procès en appel de Nicolas Pisapia dans l’affaire Air cocaïne démarrera vendredi 8 avril à Saint-Domingue. Pour le passager du Falcon 50, interpellé dans la nuit du 19 au 20 mars 2013, l’affaire paraît mal engagée. Condamné en première instance à 20 ans de prison pour trafic de stupéfiants, il semble isolé dans cette affaire.

Après leur évasion rocambolesque de la République Dominicaine et leur retour en France, les deux pilotes, Pascal Fauret et Bruno Odos, ont été remis en liberté par la justice française. Quant au second passager du jet, Alain Castany, il est toujours hospitalisé après un grave accident de la route. Nicolas Pisapia se retrouve donc seul à devoir s’expliquer sur les valises remplies de 700 kg de cocaïne trouvées dans l’appareil.

Un dossier vide

Or, selon ses soutiens en France, la justice dominicaine ne serait pas en mesure de lui garantir un procès « équitable et loyal ». Quelques heures avant le début de l’audience, ils en appellent au gouvernement français pour qu’il intervienne auprès des autorités locales. « Nous ne demandons pas une ingérence : la République Dominicaine est un Etat souverain, a indiqué jeudi son avocat, Julien Pinelli, lors d’une conférence de presse. Mais nous demandons que la France rappelle son attention sur le sort qui sera réservé à son ressortissant ».

Claude Pisapia, Julien Pinelli et Jean-Marc Coppola
Claude Pisapia, Julien Pinelli et Jean-Marc Coppola - MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Pour rompre l’isolement du Français, originaire de Velaux près d’Aix-en-Provence, l’Association de soutien à Nicolas Pisapia (ASNP) multiplie les initiatives auprès des élus locaux pour tenter de les sensibiliser. La mayonnaise prend doucement. Après les députés des Bouches-du-Rhône Christian Kert (LR) et Jean-Pierre Maggi (PS), ils ont obtenu le soutien des Marseillais Jean-Marc Coppola et de Marie-Françoise Palloix (Front de gauche).

« Je suis convaincu de son innocence », avance le conseiller municipal pour qui… « C’est un peu gros, toute cette affaire ». Jean-Marc Coppola réclame donc des « investigations » plus poussées, de la « transparence » dans l’instruction et enfin, l’extradition de Nicolas Pisapia vers la France. « On ne peut pas laisser nos concitoyens sans soutien à l’étranger, surtout quand le ministère (des Affaires étrangères) reconnait lui-même que le dossier est vide », insiste-t-il faisant référence à des propos qu’auraient tenus des « conseillers » du Quai d’Orsay devant les parents du Velauxien.

A lire : Comment Nicolas Pisapia (et ses parents) préparent sa défense

Un bouc émissaire

Selon l’avocat de Pisapia, ni la police ni la justice dominicaine n’ont pu en effet apporter la preuve que les valises remplies de coke lui appartenaient. « Le seul élément qui accrédite sa culpabilité, c’est la flagrance, martèle Julien Pinelli. Sa seule présence aux abords de l’avion a suffi à le condamner ». A l’écouter, Nicolas Pisapia serait en fait la victime collatérale d’un règlement de compte entre la DNCD, le service de la police chargée de la lutte contre la drogue, et l’armée dominicaine.

Jean-Marc Coppola et Marie-Françoise Pallois ont écrit fin mars au ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Craignant que Nicolas Pisapia, « sous prétexte que c’est un Français », devienne un « bouc émissaire », ils lui demandent un « geste, une action diplomatique qui pourrait avoir un effet positif sur le gouvernement dominicain et sa justice ». Mais comme celles de Christian Kert et de Jean-Pierre Maggi, leur missive est restée, pour l’instant, sans réponse.