EN IMAGES. Les 13 étapes du fiasco Michel à l'OM (en 13 déclas)

FOOTBALL On ne va pas vous dire que c'était prévisible mais...

C.L.

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Michel, coach de l'Olympique de Marseille, roi de la punchline de mauvaise foi.
Michel, coach de l'Olympique de Marseille, roi de la punchline de mauvaise foi. — AFP

Michel est peut-être en train de vivre ses dernières heures d’entraîneur de l’Olympique de Marseille. Parti pour Zurich en jet privé dimanche soir, à l’issue de la défaite à Bastia, le tacticien lourdement critiqué est en ce moment en réunion avec le président Vincent Labrune et l’actionnaire Margarita Louis-Dreyfus. Avant de savoir si l’Espagnol sera licencié ce lundi, retour sur 13 déclarations de Michel ou le concernant. 13, comme la place de l’OM au classement à six journées de la fin du championnat.

1 - Les premières critiques

A peine ses valises posées à la Commanderie, Michel récolte déjà les foudres de plusieurs de ses anciens joueurs de l’Olympiakos : Sambou Yatabaré le taxed' « égocentrique » qui l’a « dégoûté du foot »Gaëtan Bong enfonce le clou, décrivant un Michel très porté sur son image. Ces minauderies en conférence de presse et son souci de verrouiller sa com donneront au moins en partie raison à ses détracteurs.

2 - Un mois après son arrivée, les premières attaques contre les joueurs

C’est le 30 septembre que la presse et les supporters ont découvert cette nouvelle facette de Michel : l’ironie urticante. Celle que le fort en com' manie entre deux haussements de sourcils.

Trois jours avant, l’OM s’est incliné à domicile contre Angers. L’effectif devient celui qui « n’y arrive pas » à domicile. Interrogé sur la composition retenue pour affronter Liberec, Michel accuse certains joueurs de choisir leurs matchs. « J’essaie de constituer une équipe qui obéit aux besoins du jour, répond-il l’air de rien. Mais des joueurs souhaitent se reposer par peur de se blesser. Ils choisissent les matchs qu’ils veulent jouer et ceux qu’ils ne veulent pas disputer ».

3 - Victime toute trouvée

La conf de presse du 30 septembre a laissé une autre déclaration mythique. Si les joueurs choisissent eux-mêmes les matchs qu’ils veulent disputer, alors, ils méritent des sanctions ?

« C’est une excellente question, bondit le manager, sourire narquois aux lèvres. (…) N’oubliez pas que c’est toujours la faute de l’entraîneur sauf après une victoire. »

Michel resservira la formule à plusieurs reprises pendant la saison.

4 - Les hommes… et les autres

A la fin du mois d’octobre, la crise est entamée à Marseille. Les Olympiens viennent alors d’enchaîner sept matchs sans victoire. Voilà comment Michel commente alors, en conférence de presse, la légère blessure de Lassana Diarra à Braga, quelques jours avant : « Lassana Diarra va bien, il a pris un coup (à Braga), mais c’est un homme. Steve Mandanda aussi, il a reconnu son erreur (sur le but fatal), il nous en faut neuf autres ».

5 - L’avant-centre tant attendu

Ce sera la rengaine de l’hiver. Qui pour suppléer un Michy Batshuayi systématiquement titularisé depuis le début de saison ? « J’ai écrit une lettre au Père Noël Labrune à ce sujet », dira Michel avant le match retour contre Braga en Ligue Europa. C’est sa première désignation publique de Vincent Labrune, comme responsable partiel de la situation du club.

6 - La « Michelite » (la phrase favorite de Michel)

Ça, c’est vraiment la marque de fabrique de Michel en termes de communication. Prononcée le 11 janvier 2016 puis à nouveau le 14 du même mois et le 11 mars. Et de manière sous-entendue dans quasiment chaque conférence de presse.

7 - Aveu d’impuissance I

Neuf blessés remplissent l’infirmerie de la Commanderie au début de l’année 2016. Ce qui ne facilite pas la tâche du tacticien. Le physique pose un problème indéniable à ce moment, mais « aussi le mental et la technique », soulignait alors un Michel, forcé de donner « de l’importance à des joueurs qui n’en avaient pas ». « C’est le défi le plus difficile que j’ai eu », avouera l’Espagnol, on travaille beaucoup mais on n’a pas Messi et Mourinho (…) Avec ces situations exceptionnelles, on est qu’à quatre points de la saison passée. » Ce sera moins vrai trois mois après.

8 - Aveu d’impuissance II

Opposant les ambitions de l’OM à celles de Monaco, deuxième du championnat, « qui a obtenu les joueurs dont il avait besoin », Michel dévoile ses ambitions. « Vous parlez d’un objectif d’arriver au podium, fait-il remarquer à un journaliste. Attention, le terme est un peu exagéré, a noté le coach. Il y a de l’espoir. » Début février, l’OM est 10e de Ligue 1.

9 - Mandanda se rebelle

Le capitaine a attendu mars pour se manifester. A l’issue de ce nul contre Toulouse, il explique face caméra son incompréhension face au schéma tactique de Michel, qui a réuni sur le terrain « énormément de joueurs offensifs », d’après Mandanda. « On a cherché à revenir certes, mais je pense qu’il faut garder un certain équilibre, déclare ce soir-là l’International français, et c’est ce que j’ai demandé tout simplement. »

10 - L’ironie touche le fond

Jorge Sampaoli, ancien sélectionneur du Chili l’a dit : il « aimerait bien » entraîner l’OM. En plein doute des Marseillais, la déclaration du disciple de Marcelo Bielsa agace Michel, qui commente : « Vous pensez vraiment qu’il serait intéressé par cette équipe-là ? ». Sa déclaration n’a pas plu au vestiaire comme aux dirigeants du club. Michel vient de faire son premier pas vers la sortie.

11 - Mendy épinglé pour son manque de discipline

L’Espagnol fera le deuxième en remettant en cause l’origine des blessures de Benjamin Mendy. L’OM vient alors de signer son cinquième 1-1 d'affilée. Steve Mandanda enchaîne les arrêts surhumains. Et Michel cherche une explication. « Le mieux serait peut-être de demander aux joueurs pourquoi ils sont blessés, particulièrement un des joueurs (…) Sur les trois derniers mois, [Benjamin Mendy] a eu deux blessures. Il a repris sa place il y a quatre matches et aujourd’hui il est à nouveau blessé (…) Je ne sais pas ce qui se passe dans la vie des personnes. La responsabilité et l’honnêteté sont très importantes. »

12 - Le président lâche son entraîneur

Dans une interview à La Provence, le président dit assumer sa part dans l’échec de l’OM, mais charge son entraîneur. « Il est responsable de notre projet de jeu et à ce titre, il doit faire face aux critiques (…) Je compte sur lui pour remobiliser l’équipe plus que jamais (…) A un moment donné, on est jugé sur ses résultats. Il reste neuf ou dix matches selon si on se qualifie en coupe de France. Ils seront fondamentaux pour évaluer le vrai bilan sportif de la saison. On fera le point à la fin. »

13 - Mendy tend l’autre joue (de force)

Deux jours après ses déclas sur l’hygiène de vie du défenseur blessé, Michel en remet une couche, agacé plus que jamais par les sous-entendus des médias. La scène est assez dérangeante. Le tacticien a choisi de titulariser cinq fois en cinq matchs le joueur en rémission. Un peu rapide peut-être ? tente un journaliste. C’est alors que Michel le coupe, dans un sourire narquois : « C’est ma faute ? ». « Une petite part peut-être ? », ose son interlocuteur. « Non, une grande, rétorque l’ancien Madrilène, ironique. Si un joueur de 20 ans ne peut pas aligner trois matchs de suite… Ce n’est pas Mendy qui a raison dans cette histoire. Les joueurs ne se blessent pas seulement en jouant des matchs, c’est pour ça que je dis qu’il faut être joueur de l’OM 24h/24. »