Marseille: Le chien stups «Choc» décoré de la médaille d'honneur de la police

INSOLITE Il a un sacré palmarès…

A.R.
— 
Le chien stup "Choc"
Le chien stup "Choc" — A.R

Il n’aboie jamais. Il est ainsi dressé, car sur certaines interventions, mieux vaut ne pas signaler sa présence. Choc est un berger belge malinois de 8 ans, un peu spécial. Il a reçu mardi la médaille d’honneur de la Police nationale.



​Il a trouvé plus de 800 kg de cannabis

« Il y a de bons fonctionnaires de police à Marseille, mais celui-là, il me semble que " he’s the best " », plaisante Pierre-Marie Bourniquel, le directeur départemental de la police, après lui avoir passé la médaille à l’encolure.

Choc a débusqué pour 7,5 millions de drogues, soit 850 kg de cannabis, 22 kg de cocaïne, 300 grammes d’héroïne, avec 1,5 million d’euros en espèces et une cinquantaine d’armes au cours de sa carrière de chien dans la brigade canine de Marseille. « C’est un bon bilan », salue son maître, le brigadier-chef Eric Tisserand, en flattant le museau de Choc.

Vendredi, le chien a encore trouvé 61 kg de produits stupéfiants, une kalachnikov et deux chargeurs dans un appartement du 3e arrondissement de Marseille. « Il a marqué devant la porte d’un immeuble, précise Eric Tisserand. C’est parfois dangereux : on ne savait pas ce qu’il y avait derrière cette porte fermée ».

« On s’est protégé mutuellement »

Comme un matin, à Frais Vallon. Le duo s’en souvient encore. « Il y avait un Rottweiller en liberté qui s’est jeté sur Choc, je lui ai asséné un coup de crosse pour qu’il lâche prise et il s’est jeté sur moi », raconte le brigadier-chef. Mué d’un élan de fidélité envers son maître, Choc s’est interposé. Il sortira de la bataille avec une plaie ouverte au poitrail. « On s’est protégé mutuellement », assure son maître.

Avec Choc, il forme un « binôme fusionnel ». « Il faut une importante complicité dans la relation », assure Eric Tisserand. Car le maître doit savoir interpréter chaque comportement de son chien.

« Il doit être très attentif, insiste le brigadier-chef Yannick Maréchal, moniteur régional. Les gens contre lesquels on travaille s’améliorent de jour en jour et parfois un simple port d’oreille du chien différent de d’habitude va signaler quelque chose au maître ».

Le travail du chien est un jeu

Avant chaque intervention, le maître fait asseoir son chien. « Ça veut dire qu’il va travailler », précise le sous-brigadier Stéphane, conducteur de chien. Puis, il va chercher l’odeur de la molécule. Quand il l’aura trouvé, il va stopper devant, ou gratter l’endroit ». Le maître va récupérer la drogue et donner, après chaque trouvaille, un jouet à son chien.

Choc joue avec son maître après la découvert ede produits stups lors d'une démonstration de la brigade canine de Marseille.
Choc joue avec son maître après la découvert ede produits stups lors d'une démonstration de la brigade canine de Marseille. - A.R

La formation du chien est basée sur le jeu. « On roule un tissu que le chien doit retrouver, c’est son jouet, explique Yannick Maréchal. Et assez rapidement, on dépose des molécules odorantes dessus et on supprime l’ouïe et la vue pour que le chien travaille uniquement son odorat et retrouve le jouet. »

« Grâce à ses qualités olfactives et physiques, Choc, qui devrait arrêter ses fonctions dans la police vu son âge, va officier encore quelques mois », souligne son maître. Et pour sa retraite bien méritée, il laissera son petit dossard orange marqué « Police » au chenil et partira vivre chez son maître. Après tout, ils se sont sauvés la vie.

La brigade

La brigade canine de Marseille compte plus d’une vingtaine de chiens spécialisés dans la recherche d’explosifs, de drogue, de billets ou spécialisés dans la défense. En avril, elle comptera un nouveau venu : un chien dressé à la détection de fumigènes. « Il arrive en vue du contrôle des supporters lors de l’Euro 2016 car les fumigènes sont interdits dans les stades», explique un policier.