Marseille: Les activités périscolaires sont toujours aussi contestées

SOCIETE Entre absence d'intérêt et manque d'encadrement, les activités périscolaires sont toujours aussi critiquées...

Mickael Penverne
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Des élèves de primaire à Marseille
Des élèves de primaire à Marseille — Bertrand Langlois AFP

Un an après la mise en place chaotique des temps d’activités périscolaires (TAP), le taux de satisfaction reste très faible – même s’il s’est légèrement amélioré. Selon une enquête menée auprès des parents d’élèves et des enfants par l’association MPE 13, 72 % des personnes sondées restent non satisfaites par les activités proposées dans leur école. En 2014-2015, 78 % des familles ayant répondu au même questionnaire se montraient globalement mécontentes.

Deux points en particulier ressortent de cette enquête de satisfaction : le manque d’information et les insuffisances de l’encadrement. Sur les 1.379 réponses recueillies à Marseille, 73 % ne sont pas satisfaits de l’information délivrée aux parents. « Les familles sont exclues du dispositif, analyse Séverine Gil de MPE 13. Elles ne sont pas informées, elles ne participent pas. Du coup, elles n’adhèrent pas ». Selon l’association, 82 % des personnes sondées ont inscrit leurs enfants aux TAP « par obligation et non par choix ».

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« Je n’ai pas l’impression que cela leur serve à grand-chose »

C’est le cas par exemple de Jean-Baptiste qui a deux garçons, âgés de six et neuf ans, inscrits dans une école du 5e arrondissement. « Je les mets là parce que j’y suis obligé », déclare ce jeune père qui pointe du doigt le manque d’information mais aussi le « niveau » des activités. « Ils ont fait du tir à l’arc et un atelier scientifique. C’est très bien mais une autre fois, j’ai vu revenir le grand avec des dessins et des coloriages. C’est dommage parce que je n’ai pas l’impression que cela leur serve à grand-chose ».

Une « impression » confirmée par le sondage puisque la moitié des enfants interrogés « trouvent les activités généralement ennuyeuses ». Selon l’association, ce sont les activités, comme les « petits jeux de ballons » ou « petits jeux collectifs », qui ont « le moins de succès ». Or, ce sont les activités pratiquées « par le plus d’enfants ». A l’inverse, les sports de glisse, l’escalade ou les autres activités de plein air ont été pratiqués « par moins de 3 % des enfants ».

Des parents d'élèves devant une école à Marseille en 2014.
Des parents d'élèves devant une école à Marseille en 2014. - Mickaël Penverne / 20 Minutes

Le sondage mené par l’association met aussi en évidence l’inquiétude des parents d’élèves sur la sécurité des enfants. Selon Séverine Gil, le niveau d’encadrement obligatoire – un animateur pour huit enfants de moins de six ans et un animateur pour 12 enfants de plus de six ans – ne serait pas toujours respecté. Le niveau de formation de ces animateurs laisserait aussi parfois à désirer. « Certains ne se rendent pas compte qu’ils doivent arrêter d’utiliser leur téléphone portable mais aussi faire attention à leur langage et à leur attitude face aux enfants, explique-t-elle. Il y a un manque de cadrage évident. »

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La crise des migrants joués par les enfants

Antoine est papa de deux petites filles, âgées de 5 ans et demi et 9 ans. Cette année, il ne les a pas inscrites aux TAP à cause notamment d’un « atelier » qui l’a choqué. « Les animateurs ont voulu parler de la crise des migrants avec les enfants, raconte-t-il. Il y avait des gamins déguisés en douaniers et d’autres grimés en noir qui essayaient de passer la frontière et qui se réfugiaient dans une église… » Résultat, depuis la rentrée, ce sont ses parents, résidant la région toulonnaise, qui gardent les mômes tous les jeudis après-midi.

Un an après leur mise en place, les activités périscolaires ont donc toujours aussi peu la côte auprès des parents et des enfants. A tel point que seulement 37 % de ces derniers sont d’accord pour les reprendre l’année prochaine. « Ces activités n’apportent rien aux enfants. Cela les tire même vers le bas, se plaint Séverine Gil. Et derrière tout cela, c’est l’image de l’école qui risque encore de se dégrader ». L’association MPE 13 a remis son enquête au rectorat et à la ville de Marseille, en espérant obtenir une réponse.