Avignon: Les agriculteurs protestent contre l'interdiction d'un insecticide utilisé sur les cerisiers

SOCIETE Ils ont mené une opération escargot...

A.R. avec AFP

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Récolte de cerises. (Illustration)
Récolte de cerises. (Illustration) — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Ils veulent un traitement équitable au niveau européen. Environ 200 agriculteurs de la région ont manifesté vendredi à Avignon pour protester contre les distorsions de concurrence entre la France et les autres pays de l’Europe, résultant notamment de l’interdiction dans l’Hexagone d’un insecticide.

Les arboriculteurs ont témoigné leur inquiétude suscitée par le non-renouvellement cette année de l’autorisation d’utilisation du diméthoate, qui reste autorisé dans d’autres pays de l’Union européenne, « seule méthode efficace », selon eux, pour protéger les cerisiers d’un ravageur « particulièrement virulent », la drosophilia suzukii.

« Si le produit est dangereux en France, il est dangereux ailleurs »

« On ne peut pas accepter qu’on interdise en France certains produits dans les cultures et demain recevoir des fruits des pays où c’est autorisé. On ne demande qu’une seule chose : qu’on soit traités à égalité », a dit Jean-Paul Comte, le président de la Fédération départementale des syndicats des exploitations agricoles (FDSEA) des Alpes-de-Haute-Provence, au préfet de Vaucluse venu à la rencontre des agriculteurs. « Si le produit est dangereux en France, il est dangereux ailleurs », a-t-il ajouté.

« Tout sera fait (…) pour que vous ne puissiez vous retrouver dans une situation où vous ne puissiez pas produire alors que nous pourrions avoir sur les étals des cerises d’Espagne et d’Italie », a tenté de les rassurer le préfet, Bernard Gonzalez, avant de recevoir une délégation.

Les préoccupations des agriculteurs de Paca portent également, entre autres, sur le compte pénibilité, le devenir de la riziculture ou bien encore la présence du loup.

Le cortège composé de tracteurs et de voitures est parti dans la matinée de l’aéroport d’Avignon pour rejoindre très lentement le centre-ville, distant d’une dizaine de kilomètres, occasionnant des embouteillages.

Après avoir déversé des noyaux de cerises et des souches devant la cité administrative, les agriculteurs se sont ensuite rendus devant la préfecture à la mi-journée pour y déposer bois, cerises, foin et fumier qu’ils ont incendiés.