Marseille: La justice ordonne de prendre en charge les mineurs étrangers

SOCIETE Le tribunal administratif a ordonné au conseil départemental des Bouches-du-Rhône de prendre en charge des mineurs isolés étrangers...

M.P. avec AFP

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Le conseil départemental des Bouches du Rhône
Le conseil départemental des Bouches du Rhône — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Le tribunal administratif de Marseille a ordonné mardi au conseil départemental des Bouches-du-Rhône de prendre en charge quatre mineurs étrangers isolés dormant dans les rues de la ville alors qu’un juge les avait confiés à la garde de l’aide sociale à l’enfance.

Le juge a donné au Département un délai de 24 heures pour prendre en charge ces enfants, fixant une astreinte de cent euros par jour de retard. Le département avait expliqué qu’il ne pouvait pas le faire car tous les foyers d’accueil étaient saturés.

Ils marchent toute la nuit

Selon les avocats de ces quatre mineurs, ce sont en tout dix-sept à vingt-cinq mineurs étrangers qui ne se voient pas offrir d’hébergement en dépit de l’obligation de protection des mineurs qui s’impose au département.

« Certains dorment dans un campement dans le sud de la ville, quelques nuits dans une mosquée ou chez un militant d’un collectif d’aide aux migrants mais d’autres restent dans la rue, près de la gare Saint-Charles, a précisé Anaïs Leonhardt. Ils ont tellement peur qu’ils dorment le jour et marchent toute la nuit dans la ville ».

Ces jeunes craquent

Le jugement détaille ainsi la situation d’un Afghan âgé de quinze ans : « Au vu de son jeune âge, le juge des enfants a considéré que les traumatismes qu’il a vécus en Afghanistan où il a subi un enrôlement forcé parmi les talibans et a été agressé physiquement, et le parcours migratoire éprouvant qu’il vient de vivre imposaient son accueil rapide par le service social de l’aide à l’enfance du département des Bouches-du-Rhône pour assurer sa protection physique et psychique ».

« C’est une très belle décision, car ces jeunes craquent. On espère que cela va inciter le conseil départemental à les accueillir tous, au moins dans un hôtel », s’est réjoui Anaïs Leonhardt.