OM: On a vu la débâcle des «"rénés" contre les Rennais», au Bar de la Plaine

FOOTBALL Reportage avec les déçus de l'OM...

C.L.

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Bar de la Plaine. Marseille, le 17 mars 2016
Bar de la Plaine. Marseille, le 17 mars 2016 — CL

« Comment ça, « est-ce que je diffuse le match ? », eh bien sûr, comme tous les matchs de l’OM ! ». A Marseille, il y a mieux que le Vél’pour regarder l’OM se faire humilier. Il y a le bar. Tant qu’à faire, le Bar de la Plaine, cultissime enceinte marseillaise, repaire du Massilia Sound System tout autant que refuge des déçus de l’OM.

Bar de la Plaine. Marseille, le 17 mars 2016
Bar de la Plaine. Marseille, le 17 mars 2016 - CL

 

Crise oblige, il n’y a pas la foule des grands jours au bout de la butte de la place Jean Jaurès. « Oui, depuis qu’ils sont bidons, il y a moins de monde », confirme Eddy, derrière le bar. La plupart sont des habitués. Qui préfèrent poser un coude sur le comptoir que leurs fesses sur une chaise. Les plus zélés lisent l’Equipe avant le coup d’envoi. La Marseillaise traîne en masse sur les tables. La Provence est introuvable. D’ailleurs, « ils ont dit que c’était sur Canal le match, alors que c’est sur Bein ».

Depé, Lux B et la barbichette du barman

Pas le temps de finir son premier Pastis que l’OM est déjà assommé par trois buts des Rennais. Dès le deuxième, les encouragements sont pour les Bretons. Ça ne soupire pas, ça se marre. « Oh, ce soir, c’est les Rennais contre les « rénés » (les nuls, à Marseille) ! »

Bar de la Plaine. Marseille, le 17 mars 2016
Bar de la Plaine. Marseille, le 17 mars 2016 - CL

 

A la mi-temps, un joueur de contrée attablé en terrasse, vient recharger les rafraîchissements. « Mets-moi un John Wayne, Eddy ». Eddy, c’est le barman, roux jovial à barbichette. John Wayne, c’est leur perception d’un whisky (très) bien tassé. La définition ne semble surprendre ni l’un ni l’autre. Le cow-boy s’en fiche pas mal de l’OM. Il fuit le stade depuis 1993. « Avant, le Vélodrome, c’était un chaudron, lance-t-il, solennel. Puis c’est devenu un chou-fleur [après sa rénovation pour le Mondial 1998] et ils l’ont couvert. Je veux pas faire le nostalgique mais je le suis quand même. »

A quelques mètres de ce supporter mélancolique, s’affichent des portraits de Depé (Patrice de Péretti, fondateur des MTP décédé en 2000) et Lux Botté, chanteur du Massilia Sound System, mort en 2008. C’est un peu tout le bar qui est nostalgique. Eddy y croit encore assez pour promettre de se raser la barbichette, « si l’OM gagne ». Il y a encore 2-3 à cet instant, alors la proposition est prise au sérieux par l’assemblée, amusée.

Alessandrini, « fatigué que t’y es »

Les mains graissées par les frites éparpillées sur le papier du sandwich, la plupart rate l’entrée d’Abou Diaby, commentent à peine. Aucun n’oublie de pester à la vue d’un Michel impassible sur le bord du terrain. Encore moins quand la caméra zoome sur la teinture blonde de Romain Alessandrini, particulièrement inefficace vendredi soir. « Hé mets-toi les cheveux normal (sic), fatigué que t’y es », balance à l’écran géant un grand maigre, la tête couverte de dreadlocks.

Bar de la Plaine. Marseille, le 17 mars 2016
Bar de la Plaine. Marseille, le 17 mars 2016 - CL

 

Derrière la vitre, un jeune qui passe sur le trottoir, fait des signes et réclame le score. Le dreadeux ouvre entièrement sa main droite, déplie le pouce et l’index de la gauche. Son interlocuteur ouvre la bouche. Les sons ne sortent qu’une fois qu’il a contourné le bar pour entrer en courant : « Non, sérieux ? ». Le match n’est pas tout à fait terminé, mais le combat abandonné au Bar de la Plaine, depuis le cinquième but breton. « Oh Eddy, après tu nous mets Comedy ». Pas besoin de changer de chaîne.