Cinéma: «Marseille», si loin des clichés?

CINEMA Le film «Marseille» est sorti mercredi en salle...

A.R.

— 

Le film «Marseille» est en salle.
Le film «Marseille» est en salle. — A.Rancoule / 20 Minutes

Bien sûr il y a le soleil, les Calanques, la pétanque, l’OM (mais surtout Mandanda), le Pastis et quelques raffinés « le con de ta mère ». Il y a aussi un taxi sûr de lui : « Les détours, ce n’est pas le genre de la maison ! ». Un administré glissant à un maire de secteur un « je t’ai vu naître » pour lui soutirer un service, ou un Corse qui ne veut pas « payer pour voir des chèvres jouer ». Comprendre l’OM.

Dans Marseille, sorti ce mercredi en salles, il y a aussi en toile de fond l’histoire d’une famille d’immigrés italiens vivant dans un milieu ouvrier. Du coup, entre comédie et ébauche de film social, l’histoire, dans l’ensemble mal servie par sa bande-annonce, se cherche un peu.

« Je pensais que c’était un film comique mais finalement on a parfois la larme à l’œil, raconte Audrey, à la sortie de la première séance d’un cinéma du centre-ville. En fait Kad Merad et Patrick Bosso sont de grands sensibles ! ».

Le film raconte le retour au chevet de son père accidenté, de Paolo, un Marseillais vivant au Canada depuis une dispute familiale. L’humoriste Patrick Bosso et l’actrice Judith El Zein, ont aussi cosigné le scénario.

« C’est une synthèse de clichés et de social, estime Charlie, venu mercredi après-midi au cinéma avec son épouse. Sur l’écran, on voit le vrai Marseille. Il y a des détails énormes, comme pour le métier de Bosso : piqueur de sel. J’ai travaillé 30 ans sur les quais, et c’est exactement ça. Pareil pour la scène sur la plage de la Verrerie où on entend le type appelait les gens pour les pizzas… C’est Marseille ».

« On sort du film cliché »

Pascale aussi se retrouve dans les détails. Cette fille de Marseillais, également Marseillaise « n’a pas décroché une seconde ». « Il y a un peu des clichés mais en même temps c’est la vérité, pense-t-elle. La scène de la boule lancée sur le capot de la voiture, je l’ai déjà vue de mes yeux. »

« Le principal, c’est qu’on sorte du film cliché à la Bienvenue chez les Ch’tis, assure Renaud. Il n’est pas question de mafia ou de règlements de comptes. La caricature était ma plus grande crainte ».

« C’est exagéré »

En revanche, pour Etienne « c’est trop forcé » « La scène du début à la gare, bon c’est trop, regrette-t-il. On voit bien que c’est pour montrer les couleurs, le bordel ambiant, mais c’est trop, et du coup, pas authentique ».

Un sentiment partagé par Josepha, venue avec sa copine Odette, « c’est exagéré ». On n’est pas comme ça quand même, pense-t-elle. Il y a de très belles images de la ville, consent-elle. C’est un film amusant et distrayant. Pour passer le temps c’est bien ». Vivement un dimanche soir, devant la télé.