Jean-Marc Rouillan, ancien d'Action directe, estime que les terroristes de Daesh «se sont battus courageusement»

POLEMIQUE L'ex-militant de gauche radicale s'est exprimé sur «Radio Grenouille» et dans «Le Ravi»...

A.R.

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Jean-Marc Rouillan a par le passé lui-aussi eu recours à l'action violente
Jean-Marc Rouillan a par le passé lui-aussi eu recours à l'action violente — LIONEL BONAVENTURE / AFP

En liberté conditionnelle depuis 2012, Jean-Marc Rouillan, ex-militant d’Action Directe s’est exprimé sur les attentats de Paris dans « La Grande Tchatche », l’émission politique du Ravi, en partenariat avec Radio Grenouille, le 23 février. L’entretien a été retranscrit dans les pages du mensuel satirique Le Ravi, en kiosque depuis vendredi.

« Je pense que l’Etat français est un état colonialiste, assassin »

Questionné sur l’action des terroristes en France en janvier puis en novembre, Jean-Marc Rouillan affirme être « neutre ». « Je pense que l’Etat français est un état colonialiste, assassin. Rien que ce qui s’est passé en Algérie m’empêchera toujours, toute ma vie, de chanter la Marseillaise et de mettre le bleu-blanc-rouge. Parce qu’un million de morts, des disparus, de la torture, l’horreur… Et venir se présenter comme la patrie des droits de l’Homme… Donc je suis neutre par rapport à cet Etat et jamais je ne serai de son côté », souligne-t-il.

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Les terroristes « se sont battus courageusement »

Pour lui, les terroristes « se sont battus courageusement dans les rues de Paris en sachant qu’il y avait près de 3 000 flics autour d’eux. On peut dire plein de choses sur eux - qu’on est absolument contre les idées réactionnaires, que c’était idiot de faire ça - mais pas que ce sont des gamins lâches, ajoute-t-il. (...) Je m’oppose à cette propagande étatique qui consiste à dire "regardez, c’est lâche"… »

 

L’ancien terroriste est aussi interrogé sur la différence entre Daech et Action Directe. « Daech est très proche du capitalisme car c’est un mouvement basé sur le mortifère, le sacrifice, la mort, répond-il. Jamais dans la lutte armée d’extrême gauche que j’ai pratiquée, de 1968 jusqu’à la fin des années 1980, je n’ai connu le sacrifice. Plutôt la joie de les combattre et un immense espoir de lumière, de lendemains qui chantent. Et je crois qu’ils sont encore devant nous. »

Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 18 ans pour les assassinats du général Audran et du PDG de Renault, Georges Besse. Placé en liberté conditionnelle depuis 2012, il lui est interdit de parler des faits pour lesquels il a été condamné. Il est assigné à résidence à Marseille et ne doit pas se rendre dans 38 départements.