Marseille: Corsica Linea brave sa condamnation

TRANSPORTS Le tribunal de commerce de Marseille a condamné mardi Corsica Linea à cesser toute activité de fret entre la Corse et le continent...

A.R. avec AFP

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Le ferry "Danielle Casanova" de la compagnie SNCM le 9 janvier 2014 dans le port de Marseille (sud)
Le ferry "Danielle Casanova" de la compagnie SNCM le 9 janvier 2014 dans le port de Marseille (sud) — Anne-Christine Poujoulat AFP

Des huissiers ont constaté mercredi matin que le Corsica Linea Dui, de la compagnie maritime Corsica Linea, a bravé la condamnation du tribunal de commerce de Marseille à cesser son activité de fret entre Bastia et Marseille, a-t-on appris de sources syndicales.

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« Etant plaignants, nous avons fait constater l’arrivée du navire et le déchargement du fret, a indiqué Jean-François Simmarano, le secrétaire du CE de Maritima Ferries-MCM (ex-SNCM), ajoutant que les administrateurs judiciaires avaient eux aussi fait constater l’infraction. C’est maintenant à la justice de faire son travail, il faut qu’elle fasse exécuter sa décision ».

Le Corsica Linea Dui, un navire roulier battant pavillon de l’île de Madère a quitté Bastia mardi peu avant 18h 00 pour l’une de ses trois rotations hebdomadaires avec Marseille.

Un « préjudice important »

Mardi, le tribunal de commerce de Marseille a condamné mardi Corsica Linea, une ligne de fret maritime lancée pour concurrencer l’ex-SNCM après sa reprise par l’entrepreneur Patrick Rocca, à cesser toute activité de fret entre la Corse et le continent.

Cette interdiction, d’une durée de 6 mois, qui vise la filiale Corsica Linea et sa maison mère, Corsica Maritima (CM Holding), est assortie d’une « astreinte provisoire de 150.000 euros par infraction constatée », peut-on lire dans le jugement.

Selon les syndicats, la création d’une nouvelle liaison entre la Corse et le continent avait créé un « préjudice important » à la nouvelle société née sur les cendres de la SNCM après sa reprise par l'entrepreneur corse Patrick Rocca.

Le 5 janvier, jour du lancement de Maritima Ferries, le groupe Berrebi et Corsica Maritima, deux candidats malheureux à la reprise de la SNCM, avaient lancé Corsica Linea. Les syndicats de l’ex-SNCM, dénonçant une « concurrence déloyale », avaient alors empêché un cargo battant pavillon danois affrété par Corsica Linea, d’accoster à Marseille pendant une semaine.

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Dans sa décision, le juge des référés a relevé mardi la complexité de la situation depuis que Patrick Rocca a annoncé son rapprochement avec son ancien concurrent François Padrona, le patron de Corsica Linea : « Patrick Rocca (patron de Maritima Ferries) vient d’annoncer son entrée dans le capital de CM Holding de sorte que l’action menée par les demandeurs revient à assigner pour le compte de Patrick Rocca et de la société Rocca une société dont il est associé », indique le jugement.

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