OM: Avant Granville, les années «mort de faim» de Johan Gallon à Istres

FOOTBALL L'entraîneur normand a passé sept ans dans le club provençal...

Christine Laemmel

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Johan Gallon, entraîneur de Granville (CFA2) en février 2016
Johan Gallon, entraîneur de Granville (CFA2) en février 2016 — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Sa ville, c’est Caen. Johan Gallon le répète au fil des interviews qui se bousculent ces derniers temps. Son cœur bat pour la Normandie. Pourtant, le coach de Granville, adversaire de l’OM en quart de finale de Coupe de France jeudi, a fait ses armes de tacticien à 50 km de Marseille, au FC Istres.

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« Il gueulait et moi je temporisais »

En tant que joueur d’abord, où il s’illustre peu, gêné par des blessures à répétition. Après trois ans à porter le maillot, il rejoint en 2009 le staff des Violets. Johan Gallon entraîne la réserve, seul un an, avant d’être rejoint par Bruno Savry. Ensemble, ils feront monter l’équipe bis de DHR à DH. « C’était une très belle année, raconte Savry, qui a quitté le club en 2015 mais vit toujours à Istres. On voyait le foot de la même façon. Il n’aimait vraiment pas perdre et il voulait faire progresser les jeunes. Mais lui, il a le sang plus chaud, je ne vais pas le dire mais c’est un mort de faim. Il gueulait, et moi je temporisais. »

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Au sein de la cellule de formation, les coups de gueule de Johan Gallon permettent aux jeunes de se surpasser. Farid Boulaya est un de ceux-là. Aujourd’hui au Clermont Foot, le milieu de terrain explose sous les yeux de Johan. « C’est lui qui m’a fait monter des U17 à la réserve, se souvient le joueur de Ligue 2, sans passer par les U19. » Alors même si le coach tape « un peu dur parfois », Farid en garde « un très bon souvenir. » Celui d’un entraîneur qui l’a propulsé en pro, en gardant son ton « gagnant » quels que soient les enjeux. « En match, comme en entraînement, se souvient le Vitrollais, il était toujours un peu rageur dans son discours. »

« Gagner au mental, c’est un peu lui »

Ni Bruno, ni Farid ne sont surpris du parcours du « petit Poucet » de Granville. Deuxièmes de leur groupe en championnat de CFA2, les Normands se sont surtout frayé un chemin jusqu’au quart de finale de coupe de France, éliminant deux clubs de Ligue 2, Laval et Bourg-Péronnas.

« Ça lui convient bien ces matchs de coupe, assure l’ancien coach de la réserve istréenne. Ça se gagne au mental, c’est un peu lui. » Pas de doute pour le Clermontois non plus. Si Granville en est là, « Johan doit y être un peu pour quelque chose. Et contre Marseille, je suis sûr qu’il trouvera les mots pour les motiver. »

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Né à Vitrolles et ancien pensionnaire d’Istres, Farid aurait tendance à supporter l’OM jeudi soir. Mais cette fois, même s’il n’a jamais évolué à Granville, « mon cœur balance entre les deux », avoue-t-il. Entre les instables Marseillais et le coach qui fait rêver tous les footeux, petits Poucet ou ogres déçus.