Marseille: Le MuCEM organise une exposition sur le football... Plus d'un an après l'Euro 2016

CULTURE Elle se déroulera de septembre 2017 à janvier 2018...

A.R.

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Marseille le 3 juin 2013 - Visite du MUCEM avant l'inauguration le 4 juin en présence du président de la république François HOLLANDE et l'ouverture au public le 7 juin prochain
Marseille le 3 juin 2013 - Visite du MUCEM avant l'inauguration le 4 juin en présence du président de la république François HOLLANDE et l'ouverture au public le 7 juin prochain — P.Magnien / 20 Minutes

Cela aurait dû être un des grands événements de cet été, profitant de l’aubaine d’une foule de touristes déjà conquise par l’Euro. Elle était d’abord annoncée au MuCEM du 27 avril au 12 septembre, pendant la compétition sportive. Logique pour une exposition sur le football. Elle se tiendra en fait 20 mois plus tard.

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« Mêlant objets ethnographiques, objets de collections inédits et d’art contemporain, l’exposition qui se tient à la même période que la 15e édition de la coupe d’Europe de football, questionne les enjeux de ce sport en Méditerranée, qu’ils soient identitaires, politiques, religieux ou sociaux », se vantait le musée national dans une plaquette sur la programmation 2015-2016.

L’exposition « Football, social club » était même annoncée dans certains guides touristiques, « titre et dates d’expositions susceptibles de modifications ». L’exposition sur le football en Méditerranée aura finalement lieu de septembre 2017 à janvier 2018.

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« Deux ans d’enquête »

« Nous préparions en effet cette exposition pour l’Euro 2016 mais nous n’étions pas prêts pour cette période, explique Florent Molle, conservateur du patrimoine et responsable du pôle sport et santé au MuCEM. Le travail de collecte est assez long car nous faisons des enquêtes de terrains auprès de supporters, nous collectons des objets : nous aurons fait au total deux ans d’enquête », justifie le conservateur.

Actuellement, le musée possède 300 objets liés à l’identité du supportérisme, du type maillots des Ultras. « Nous collectons désormais des objets de plus en plus historiques, précise Florent Molle, comme un maillot de Maradona. Nous étudions le reflet du sport dans la société, c’est une approche plus large. » « Nous travaillons sur une conception plus sociale du football, on se demande pourquoi c’est un instrument du vivre ensemble et nous dépassons les frontières européennes », souligne aussi Gilles Perez, le réalisateur ayant « proposé ce projet il y a… trois ans ».

« Nous espérons que les touristes ne seront pas gavés de foot en 2016 »

En lien avec le ministère de la culture, le musée national du Sport de Nice pilote une collecte inédite dans le monde sportif, bientôt consultable via un portail numérique. Comme neuf autres musées des villes accueillant la compétition, le MuCEM doit recueillir les témoignages. Chaque musée peut exposer les collections de supporters des clubs résidents dans les stades.

« Chacun le fait à la date qu’il veut, mais beaucoup profitent de l’Euro », souligne-t-on au musée national du Sport. Lyon, Bordeaux, Lille ou encore Nice, où deux mois ont suffi pour recueillir les témoignages, se lancent dès cet été. Nice, consciente du potentiel touristique de l’Euro, délocalise même une partie de son exposition dans la fan zone.

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Car à partir du 10 juin 2016, 24 équipes nationales vont s’affronter dans dix stades en France. Marseille accueillera six matchs, dont au moins un de l’équipe de France. Peut-être trois si les Bleus se hissent jusqu’en demi-finales. Plus de 210.000 visiteurs français, 140.000 étrangers et 8.000 VIP sont attendus au Vélodrome. Et selon le Centre de droit et d’économie du sport, la ville et sa région peuvent espérer 181 millions d’euros de retombées économiques.

Pour ne pas (trop) manquer le coche, le Mucem pourrait néanmoins remettre au goût du jour une programmation estivale décalée, sur le principe de Plan B. « Nous espérons que les touristes ne seront pas gavés de foot en 2016, et qu’ils reviendront voir l’exposition en 2017, conclut Florent Molle, pour la capitale européenne du sport ». Pas sûr, tout de même, que l’événement attire 210.000 touristes.