Marseille: Un sous-marin pour plonger les touristes dans la rade

ECONOMIE L'entreprise MSE pourrait lancer cette année la construction d'un sous-marin touristique...  

Mickael Penverne

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Le projet de sous-marin électrique.
Le projet de sous-marin électrique. — MSE

Cela fait au moins cinq ans qu’il y travaille et aujourd’hui, le but n’a jamais été aussi proche. Ludovic Raes, PDG de Mediterranean Submarine Experience (MSE), a réussi enfin à convaincre une banque de le suivre dans son projet : construire un sous-marin électrique pour embarquer des touristes.

Cela fait des années qu’il tape à toutes les portes pour convaincre les collectivités, les services de l’Etat, les professionnels du tourisme et enfin, les banques pour les convaincre de la viabilité de son submersible.

100 % électrique et non polluant

Ludovic Raes s’inspire des sous-marins qui opèrent depuis plusieurs années aux Etats-Unis ou en Corée du Sud. Un engin 100 % électrique, non-polluant, capable d’accueillir une cinquantaine de passagers pour les emmener à 50 ou 60 mètres de profondeur.

« Au départ, on s’était orienté vers un sous-marin de six ou sept places, raconte-t-il. Et puis, on s’est rendu compte que les professionnels, comme les croisiéristes ou les tour-opérateurs, n’allaient pas nous suivre parce que c’était trop petit ».

 

Vue de l’intérieur du sous-marin. - MSE

 

Plus loin, plus haut

Avec environ 200 jours d’exploitation par an, il est convaincu de pouvoir séduire 25.000 visiteurs chaque année. MSE a déjà procédé aux repérages et enregistré sept « spots » de plongée potentiels dans la rade de Marseille. Mais avant de pouvoir plonger, il faudra réunir l’argent pour construire le submersible, soit 4,3 millions d’euros - sans compter les infrastructures qui vont avec, comme le ponton. Au final, la facture pourrait s’élever à près de six millions d’euros.

Pour trouver cette petite fortune, Ludovic Raes s’est aidé notamment d’un courtier qui a pris son bâton de pèlerin. Il est d’abord allé voir les banques françaises. Sans - grande - surprise, elles lui ont dit non. « Elles ne connaissent pas le marché et puis d’une façon générale, elles sont assez frileuses », maugrée le PDG de MSE. Le courtier est donc allé plus loin, plus haut. Jusqu’en Finlande pour trouver la perle rare. Ludovic Raes ne souhaite pas révéler le nom de l’établissement mais assure qu’il est prêt à mettre plusieurs millions d’euros sur la table.

Le "tube" du sous-marin - MSE

 

Soixante euros les 45 minutes de plongée

La banque finlandaise a émis cependant une condition : qu’il apporte d’abord 15 % du budget total, soit environ 650.000 euros. « Pour un projet comme celui-là, ce n’est rien du tout », assure le PDG. Pour réunir cette somme, il s’est donc tourné vers Paca Investissement, le fonds d’investissement de la région. « On a contacté aussi des investisseurs potentiels, des passionnés comme nous qui ont envie de participer… à un coup médiatique. Parce que c’en est un quelque part », souligne Ludovic Raes.

Après plusieurs années d’effort, il est convaincu d’avoir enfin décroché la timbale : « De toute façon, c’est cette année ou jamais », souffle-t-il. MSE espère lancer la construction du submersible avant la fin de l’année. Le chantier prendra au moins un an. Le rapatriement du sous-marin en Méditerranée et la formation des pilotes, deux à trois mois supplémentaires. L’engin pourrait donc emmener les premiers touristes dans les eaux du Frioul en 2017. La plongée de 45 minutes coûtera entre 60 et 65 euros.