Marseille: Les «100 jours» de Renaud Muselier pour dynamiser le tourisme en PACA

ECONOMIE Nommé la semaine dernière président du Comité régional du tourisme (CRT), Renaud Muselier veut donner « de la crédibilité » à cette industrie...

M.P.

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Illustration sur le tourisme autour du vieux port
Illustration sur le tourisme autour du vieux port — P.Magnien / 20 Minutes

Lui aussi s’est fixé « 100 jours ». Après Christian Estrosi et sa « feuille de route » pour la « bataille de l’emploi », Renaud Muselier s’est également donné 100 jours pour donner « une nouvelle vision » au tourisme dans la région. Nommé la semaine dernière président du Comité régional du tourisme (CRT), il entend réunir, dans les trois mois qui viennent, les professionnels et les collectivités pour donner « de la crédibilité » à cette industrie.

« Ce n’est pas innocent que le premier vice-président de la région » a été désigné pour diriger cette structure, souligne d’emblée l’intéressé. Cette nomination est la preuve, selon lui, de l’importance accordée au développement du tourisme par le nouveau président de la région (LR), Christian Estrosi, qui avait proposé lors de sa campagne de mettre en place un « schéma régional du tourisme » un peu flou.

Christian Estrosi et Renaud Muselier pendant la campagne des régionales - Mickaël Penverne/20 Minutes

Le plan du gouvernement

La région PACA a accueilli, en 2014, 30 millions de visiteurs. C’est la première région d’accueil des touristes français et la deuxième des visiteurs étrangers. Les premiers dépensent, en moyenne, 53 euros par jour, tandis que les seconds se délestent de 114 euros. Au total, l’industrie rapporte chaque année 14 milliards d’euros en achats de biens et services et représente 11 % du PIB régional.

Le secteur pèse déjà 140.000 emplois, mais il peut en créer davantage, selon Renaud Muselier, qui compte « mettre le paquet » sur la formation professionnelle. La nouvelle équipe dirigeante entend ainsi profiter des nouvelles dispositions offertes par la loi NOTRe en matière de formation et d’apprentissage.

Il compte aussi profiter du « plan d’urgence pour l’emploi » du gouvernement qui prévoit de porter de 150.000 à 500.000 le nombre de chômeurs bénéficiant d’une formation. « Je vais rencontrer les élus et les collectivités pour voir comment on peut coordonner nos actions et proposer des formations adaptées à ceux qui recherchent un emploi », indique Renaud Muselier.

La question Airbnb

Le député européen compte aussi se tourner vers l’Europe. Avec Christian Estrosi, il se déplace ce mercredi à Bruxelles pour rencontrer les dirigeants européens et tenter de débloquer des fonds structurels ou bénéficier des investissements du plan Juncker. « La région a reçu quatre fois moins d’argent que les autres régions européennes de taille égale, affirme-t-il. Il y a eu clairement une carence de ce côté-là ».

A la tête d’une structure dotée d’un budget de six millions d’euros seulement, le nouveau président du CRT n’entend pas « faire de révolution » mais « des choix ». Pourtant, concernant Airbnb, dont se plaignent de nombreux professionnels, il semble encore hésiter.

« Je suis contre la concurrence déloyale. Mais en même temps, plus rien ne se passe en dehors d’Internet, déclare-t-il. C’est un outil incroyable qui permet de diffuser une offre de qualité. Et aujourd’hui, tous les jeunes de 25 ans se servent de leur téléphone pour tout réserver : que ce soit le restaurant, le ciné ou l’hébergement. Il est évident qu’on ne peut plus se passer de ces nouvelles technologies ».