Marseille: Quelles sont les mesures de la ville pour améliorer l'état de certaines écoles?

SOCIETE Jean-Claude Gaudin a répondu ce lundi matin au conseil municipal…

A.R.

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Illustration professeurs et enseignants d'une école élémentaire.
Illustration professeurs et enseignants d'une école élémentaire. — Alexandre GELEBART/20MINUTES

Des faits « tronqués, truqués et déformés » sur l’état de certaines écoles publiques. Mais le maire de Marseille a tout de même fait des annonces. Jean-Claude Gaudin (LR) a répondu lundi matin en conseil municipal aux critiques sur la gestion des établissements scolaires publiques.

« Tout notre travail depuis 20 ans démontre les efforts de la municipalité pour construire les écoles, les rénover, les entretenir et les réhabiliter lorsqu’elles ont été dégradées par des actes de vandalisme, souligne d'abord le maire (…) Faire mieux est toujours possible », concède-t-il finalement.

Un numéro unique pour les directeurs d’école

« Tous les jours, il peut y avoir des réparations à faire et tous les jours de centaines de techniciens sillonnent le parc pour répondre aux demandes. Il y a différents intervenants à solliciter et les directeurs d’école ne s’y retrouvent pas », estime le sénateur maire. La ville va donc mettre en place « dans quelques jours » un numéro unique « pour alerter encore plus facilement les services de la mairie ».

Car, selon Danièle Casanova (LR), adjointe en charge de l’Education, environ 10 % « des directeurs ne nous envoient jamais les comptes rendus des conseils d’écoles » dans lesquels sont notamment consignées les demandes d’interventions dans les groupes scolaires. Pour les autres, « le problème vient de l’impatience de la part des enseignants » dans la réalisation de ces travaux, souligne l’élue.

« La vitre qui a pris une balle de kalachnikov n’est toujours pas réparée », dénonce de son côté Samia Ghali (PS), la maire du 8e secteur. Pour changer cette fenêtre cassée à l’école Jean Perrin, « il faut prendre les mesures, couper la vitre… cela prend du temps », estime l’élue à l’Education.

9 millions d’euros sur trois ans de la ville si le gouvernement met aussi 9 millions

La ville évoque également le possible déblocage de 3 millions d’euros par an pendant trois années « pour des travaux supplémentaires, notamment liés à toutes les demandes urgentes des écoles ». Mais seulement « si l’Etat confirme sa décision de nous allouer la même somme au titre du soutien aux nouvelles activités périscolaires », précise Jean-Claude Gaudin.

Le maire et ses équipes étudient aussi un programme de reconstruction d’écoles anciennes dans le cadre d’une procédure de partenariat public privé.
Selon la municipalité, la ville a consacré 198 millions d’euros à l’éducation en 2015. C’est le premier poste de dépenses de la ville, soit 12 % de son budget total.

Par ailleurs, la convention de coopération financière de 60 millions d’euros sur trois ans entre la ville et le Conseil départemental va être renouvelée. Elle inclura la possibilité de subventionner les travaux des écoles, notamment la construction d’établissements neufs.

« Un point d’étape dans un mois »

La polémique sur l’état de vétusté de certaines écoles est récurrente depuis plusieurs mois. Elle a été ravivée par la récente lettre ouverte d’une enseignante dénonçant les conditions dans lesquelles elle exerce son métier.

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Parents d’élèves et enseignants ont ensuite multiplié les témoignages sur des murs moisis, des élèves en doudoune dans des classes non chauffées, ou de longs délais d’attente pour faire de menues réparations dans certaines écoles.

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Finalement, le gouvernement a saisi la préfecture dans un courrier du 4 février. « J’ai demandé au préfet un point d’étape dans un mois, il faut donc que des travaux soient engagés et nous mettrons si besoin l’enveloppe de la politique de la Ville de 5 millions d’euros à disposition pour accompagner financièrement ces travaux », indique Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education.

 

« Solliciter le préfet, ça veut dire que nous avons besoin d’un diagnostic objectif et clair des écoles les plus fragiles et les plus signalées. Il ne s’agit pas d’une logique de contrôle ou d’inspection qui serait négative à l’égard de la mairie de Marseille », ajoute la ministre.