Marseille: L’État reprend la main sur les écoles marseillaises

EDUCATION L'Etat a saisi le préfet pour lui demander de reprendre la main sur les écoles délabrées...

M.P.

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Najat Vallaud-Belkacem, le  22/01/2016 à Paris.
Najat Vallaud-Belkacem, le 22/01/2016 à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

L’Etat reprend sèchement la main dans le dossier des écoles marseillaises. Selon La Provence, la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem, et le ministre de la Ville, Patrick Kanner, ont saisi le préfet des Bouches-du-Rhône, Stéphane Bouillon, pour lui demander « d’évaluer les conditions de fonctionnement du service public d’éducation dans les écoles des quartiers prioritaires de la politique de la ville, et plus largement là où des dysfonctionnements vous seraient signalés ».

Passant outre l’avis de la municipalité, les deux ministres souhaitent qu’une fois identifiés « les urgences particulièrement criantes », le représentant de l’Etat se serve de « l’enveloppe de 5 millions d’euros au titre de la dotation politique de la ville » pour rénover les écoles marseillaises, qui est pourtant une compétence de la mairie.

Une mise sous tutelle

Mais Najat Vallaud-Belkacem et Patrick Kanner ne se contentent pas des mesures d’urgence. Ils demandent au préfet d’établir « un programme de travaux (…) permettant une remise à niveau du parc d’établissements du premier degré en prenant compte à la fois de la situation du parc existant et les évolutions prévisibles de la population des 14 quartiers marseillais concernés par les projets de rénovation urbaine ».

Sans le dire, le gouvernement met ainsi sous tutelle les écoles marseillaises dont l’état de délabrement est critiqué depuis longtemps par les parents d’élèves et les enseignants. La polémique a pris de l’ampleur lorsqu’une professeure des quartiers Nord, Charlotte Magri, a publié une lettre ouverte à la ministre de l’Education nationale, intitulée « Je nous accuse », évoquant des problèmes de chauffage, de sécurité et même d’amiante.

>>A lire aussi : Une enseignante des quartiers Nord dénonce la présence d’amiante dans son école

Le tour du monde en PQ

En réponse à ces critiques, la municipalité a nié tout simplement ces problèmes d’insalubrité. Sur l’amiante, « les travaux ont lieu dans la loge du gardien », a précisé jeudi Yves Moraine, bras droit du maire Jean-Claude Gaudin. Quant à la température basse relevée dans certaines salles, elle serait due, selon lui, aux personnels qui « aèrent les locaux à leur arrivée le matin ».

De son côté, l’adjointe au maire chargé des écoles, Danielle Casanova, a pointé du doigt le « gaspillage » des enfants : « On dépense 700.000 euros par an en papier hygiénique, on livre des mètres et des mètres, de quoi faire trois fois le tour du monde ».