Comment Airbus veut s'inspirer des animaux pour améliorer ses hélicoptères

SCIENCES Airbus Helicopters finance un laboratoire de recherche à Marseille pour réfléchir à la bio-inspiration...

Mickael Penverne

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Marseille, le 25 juin 2016, le groupe Airbus Helicopters presente le H160 a Marignane.
Marseille, le 25 juin 2016, le groupe Airbus Helicopters presente le H160 a Marignane. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

S’inspirer des animaux pour améliorer les performances des hélicoptères. C’est le pari d’Airbus Helicopters, qui vient de signer une convention avec l’IUT Aix-Marseille pour créer une chaire de recherche dédiée à la « conception mécanique bio-inspirée ». Le groupe, dont le siège se trouve à Marignane, investira 500 000 euros sur cinq ans dans un laboratoire de « recherche prospective ».

Dirigé par Jean-Marc Linares et Jean-Michel Sprauel, professeurs à l’université Aix-Marseille, cette nouvelle unité rassemble une dizaine de chercheurs et d’ingénieurs à Aix-en-Provence. Grâce à l’apport financier d’Airbus, ils ont à leur disposition plusieurs appareils de pointe comme une « machine à mesurer tridimensionnelle optique », une caméra thermique ou encore une imprimante 3D en céramique, qui vont leur permettre de travailler sur la bio-inspiration.

>> A lire ici : Airbus Helicopters présente le H160

Les articulations à la loupe

Cette science peut être résumée à l’art d’imiter la nature pour développer de nouveaux systèmes artificiels. Par exemple, s’inspirer du vol de l’oiseau pour améliorer celui de l’avion. Pour Airbus Helicopters, il s’agit plutôt de s’inspirer des articulations des animaux, vivants ou fossilisés, pour créer de nouvelles pièces mécaniques qui s’ajouteront ou compléteront un rotor, une pâle, une turbine, etc.

« La cheville d’un mouton, par exemple, n’a pas les mêmes propriétés qu’un gond de porte. Pourtant, elle remplit la même fonction », explique Jean-Marc Linares qui fait remarquer qu'un gond de porte s’use beaucoup plus vite qu’une cheville. « Pour augmenter la durée de vie de ces pièces, Airbus utilise des traitements de surface qui sont souvent très coûteux », ajoute le chercheur.

 

Schéma de la bio-inspiration - IUT Aix-Marseille

 

Une visite au musée

L’objectif est donc d’imaginer de nouvelles « liaisons locomoteurs » mécaniques qui ne s’useront pas prématurément, à l’image de ce qui se passe dans la nature. Ainsi, « la cheville du mouton propose davantage de surfaces de contact et de courbures spécifiques, ce qui augmente sa durée de vie », note Jean-Marc Linares. Pour étudier au plus près les animaux et leurs squelettes, les chercheurs marseillais ont prévu de se rendre dans quelques jours au Museum national d’histoire naturelle, à Paris.

En finançant cette recherche « exploratoire », Airbus Helicopters sait qu’il ne doit pas attendre de retombées immédiates. « Nous avons mission de développer des connaissances sur cette thématique qui produiront des résultats industriels à moyen terme, indique Jean-Marc Linares. Ils veulent défricher le secteur et investir dans le long terme ». Avec 22.000 employés (dont 8.600 à Marignane) et un chiffre d’affaires de 6,3 milliards d’euros, le groupe est le premier fabricant mondial d’hélicoptères.