Marseille: Malgré des «vents contraires», le port poursuit sa reconquête

ECONOMIE Le port de Marseille-Fos a connu une croissance de plus de 4% en 2015...

Mickael Penverne

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Le port de Marseille.
Le port de Marseille. — Port de marseille Fos/Chaminas Laure

Le Grand port maritime de Marseille (GPMM) « regagne des parts de marché ». Selon la direction qui vient de communiquer les chiffres, l’établissement public a connu une croissance de 4,1 % entre 2014 et 2015, passant de 78,5 millions de tonnes de trafic total à 81,7 millions de tonnes. « Malgré l’interminable crise à la SNCM, la reconversion de la raffinerie de Total La Mède (vers les biocarburants) et le ralentissement de la croissance chinoise… Malgré tous ces vents contraires, nous avons réussi à maintenir une certaine croissance », s’est félicité ce jeudi Jean-Marc Fornerie, président du conseil de surveillance du GPMM.

Tous les voyants sont au vert

Profitant du congestionnement des voies d'accès de certains ports de l'Europe du Nord comme Hambourg ou Amsterdam, Marseille-Fos engrange les bénéfices. Le trafic de vracs liquides est passé de 47,3 millions de tonnes à 49,9 millions de tonnes, soit une hausse de 5 % entre 2014 et 2015. Celui des conteneurs a atteint cette année 11,7 millions de tonnes, en augmentation de 4 %. Enfin, le trafic des vracs solides est passé de 13,5 millions de tonnes à 13,9 millions de tonnes (+3 %).

 

Le port de Marseille-Fos. - Port de Marseille Fos/Chaminas Laure

 

Marseille dans le top 5 européen

Le nombre de passagers a également progressé. Le port a accueilli 2,5 millions de personnes en 2015 (+2 %), dont 1,5 million de croisiéristes. Marseille fait désormais partie du top 5 des ports Méditerranéens et vient d’entrer dans le top 15 mondial des ports de croisière. Seul point noir : l’activité vers la Corse a plongé (-12 %) à cause des difficultés de l’ex-SNCM. « Mais je suis convaincu que la situation va se stabiliser, ce qui va nous permettre de reprendre des couleurs », a estimé jeudi Christine Cabau-Woehrel, directrice générale du GPMM, qui espère atteindre rapidement un « rééquilibrage entre Marseille et Toulon » où opère Corsica Ferries.

 

Un paquebot à Marseille. - Port de Marseille Fos/Fabrice Noël

 

La Forme 10 à la fin de l’année

Elle devait être ouverte à la fin de l’année dernière. Finalement, la Forme 10, construite pour accueillir les plus gros paquebots du monde, sera mise en service avec un an de retard. Le « plus grand bassin » de réparation navale de Méditerranée devrait être inauguré en septembre. Il devrait recevoir son premier paquebot « avant la fin de l’année ».

 

La forme 10 - Port de Marseille-Fos

 

Des investissements en hausse 

Si des opérateurs privés ont investi plus d’une cinquantaine de millions d’euros dans des grues, des portiques ou des silos dans les bassins Ouest, le GPMM a investi, de son côté, 45 millions d’euros. Cette somme a servi à financer la construction de la Forme 10, l’agrandissement de la passe Nord ou encore la connexion des bateaux de la Méridional sur le réseau électrique du port. Pour 2016, l’établissement public a prévu de doubler quasiment ces investissements (83 millions d’euros) pour terminer certains de ces chantiers et en poursuivre d’autres, comme le terminal combiné de Mourepiane.

A lire ici : La Méridionale se branche à quai pour moins polluer

Le terminal de Mourepiane se fera

Cette nouvelle infrastructure est censée voir le jour en 2017. Grâce à ses nouvelles voies ferrées et ses nouvelles routes, elle servira à améliorer la desserte de l’actuel terminal à conteneurs. Elle pourra ainsi accueillir des trains de 850 mètres à 1 km de long ! Le problème, c’est que ce terminal traverse le 16e arrondissement, un des plus denses de la ville, et qu’une partie des habitants s’y oppose. A leurs objections ou revendications, le GPMM leur oppose une fin de non-recevoir. « Le port entend continuer ses démarches, a souligné Christine Cabau-Woehrel. Il faut poursuivre les discussions, entendre les riverains et probablement en tenir compte, d’une façon ou d’une autre. Mais je dois aussi réaffirmer l’importance du développement de la desserte ferroviaire. Nous allons continuer d’avancer ». Jean-Marc Fornerie s’est montré encore plus direct : « Nous sommes dans ce que j’appelle le phénomène d’Orly. Des gens achètent des maisons près d’un aéroport et se plaignent ensuite qu’il y a du bruit. Ceux qui achètent près d’un terminal doivent savoir qu’il y a une activité, avec des camions et des trains ».

 

Sur le port de Marseille-Fos. - Port de Marseille Fos/Chaminas Laure

 

Les perspectives pour 2016

Le port espère atteindre 83,7 millions de tonnes de trafic cette année et accueillir 2,9 millions de passagers. Malgré la progression qu’il connaît depuis quelques années, le port de Marseille-Fos reste le 2e port méditerranéen derrière Algésiras, et le 6e port européen (derrière Rotterdam, Anvers, Amsterdam, Hambourg et Algésiras).