Marseille: La procédure d'appel démarre dans l'affaire Air Cocaïne

JUSTICE Le procès en appel de Nicolas Pisapia, le passager du Falcon d'Air Cocaïne, pourrait se dérouler avant cet été...

M.P.
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Nicolas Pisapia à Punta Cana, en République dominicaine le 27 octobre 2015
Nicolas Pisapia à Punta Cana, en République dominicaine le 27 octobre 2015 — DANNY ALVEAL AFP

Le procès en appel de Nicolas Pisapia devrait bientôt avoir lieu. Originaire de Velaux, près d’Aix-en-Provence, cet homme âgé de 38 ans a été condamné à 20 ans de prison en première instance pour trafic de drogue dans l’affaire Air Cocaïne. Emprisonné pendant plusieurs mois, le passager du Falcon 50 vit désormais en liberté surveillée en République Dominicaine dans l’attente de son nouveau procès.

Selon son avocat, Julien Pinelli, la procédure d’appel doit démarrer mercredi 20 janvier avec une première audience. Purement formelle, celle-ci doit déterminer le calendrier des rendez-vous à venir, et notamment la date d’ouverture du second procès. « Ce sera sans doute avant cet été », indique le conseil qui déposera mercredi son mémoire en défense pointant notamment des « irrégularités » survenues lors de l’enquête et du premier procès.

Des preuves

« On a retrouvé des procès-verbaux qui n’ont pas été signés par les bonnes personnes, détaille Julien Pinelli. Nous avons aussi le témoignage de cet expert mandaté pour examiner le Falcon et les valises (contenant 680 kg de cocaïne) qui a reconnu finalement n’avoir pas procédé lui-même à cette expertise. Nous avons aussi la preuve que le parquet a négocié avec un témoin pour modifier son témoignage ». La défense espère que ces éléments permettront de prouver que « toutes les procédures ne se sont pas poursuivies parfaitement ».

En attendant, elle tente de mobiliser l’opinion et le gouvernement en France. « Tout le monde a parlé des deux pilotes (Pascal Fauret et Bruno Odos) qui se sont échappés mais en oubliant les deux autres Français qui sont restés sur place (Nicolas Pisapia et Alain Castany) », rappelle Philippe Malburet, président de l’association de soutien à Nicolas Pisapia. Pour mobiliser les médias et les élus, l’ASNP organise mercredi une nouvelle réunion publique d’information à Velaux avec Jean-Pierre Maggi, le député socialiste des Bouches-du-Rhône.

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« On espère que la diplomatie française attire l’attention des autorités dominicaines sur la procédure en cours afin d’obtenir un procès équitable », indique Julien Pinelli qui espère surtout bénéficier du « soutien du Quai d’Orsay » pour le procès en appel. Interpellé « alors qu’il se dirigeait vers l’avion », Nicolas Pisapia n’aurait rien à voir avec les valises remplies de cocaïne qui se trouvaient à bord, selon son avocat. « Je crains en fait qu’il se soit retrouvé au milieu d’un règlement de comptes entre la DNCD (Direction nationale du contrôle des drogues), c’est-à-dire la police, et l’armée dominicaine », conclut-il.