« On ne mène pas une guerre contre le terrorisme dans la peur », estime Bernard Cazeneuve

SOCIÉTÉ Le ministre de l’Intérieur a rencontré jeudi les représentants de la communauté juive, quatre jours après l’agression antisémite à Marseille…

Amandine Rancoule

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Lors de la rencontre avec la communauté juive de Marseille.
Lors de la rencontre avec la communauté juive de Marseille. — BORIS HORVAT / AFP

Une « sensation d’apaisement » et « un peu de baume au cœur de la communauté » juive de Marseille. Après l’agression antisémite lundi d’un professeur par un adolescent, les représentants de la communauté juive ont rencontré jeudi à la grande Synagogue de Marseille, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Il était accompagné du sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin (LR) et du président de la région Paca, Christian Estrosi (LR). Tous portaient des kippas.

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« Lutter contre toutes les formes d’antisémitisme »

« Nous avons la sensation que tout le monde a la même volonté : prendre la mesure de la situation pour des meilleurs jours en France, pas seulement pour la communauté juive », estime Reouven Ohana, le grand rabbin de Marseille.

Le ministre a rencontré Benjamin Amsellem, l’enseignant agressé à la machette par un jeune qui dit avoir agi « au nom d’Allah » et du groupe Etat islamique (EI). « Je tiens à dire ma solidarité après l’agression abjecte, inqualifiable, dont a été victime le professeur Benjamin Amsellem, souligne Bernard Cazeneuve. L’échange que je viens d’avoir avec lui a été l’occasion de dire notre détermination pour lutter contre toutes les formes d’antisémitisme ».

« Nous demandons à pouvoir enfin vivre en paix tranquillement, souligne Zvi Ammar, le président du consistoire israélite. Une maman qui accompagne ses enfants à l’école ne doit pas avoir à se dire : "Est-ce que je vais les récupérer le soir parce que je les ai mis dans un établissement de confession juive" ? Mais personne ne peut avoir la certitude que ce que nous avons subi lundi ne se reproduise pas. »

« Les Français qui ont fait le choix de la religion » doivent « demeurer libres et debout »

Evoquant le profil de l’agresseur, radicalisé sur Internet, Bernard Cazeneuve a rappelé les « dispositions législatives » prises pour ce cas : « blocage administratif des sites qui appellent au terrorisme, blocage des adresses internet, détection sur données anonymes qui doit permettre d’identifier sur internet » ceux qui fréquentent ces sites.

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Selon le ministre, « la menace terroriste demeure élevée ». Plus de 15.000 policiers et gendarmes sont mobilisés en France devant les lieux de cultes et écoles.

Les actes antisémites ont baissé de 2 % en 2015 affirme le ministre

« Cette protection, dont bénéficient les lieux de cultes et les 800 synagogues de France, sera maintenue », assure le ministre. Selon lui, les actes antisémites ont baissé de 2 % en 2015 par rapport à 2014.

« Si nous faisons tout cela, c’est pour que les Français qui ont fait le choix de la religion dans le respect scrupuleux des valeurs de la République, puissent demeurer libres et debout. On ne mène pas une guerre contre le terrorisme dans la peur (…), on mène la guerre contre le terrorisme dans la vigilance, dans la détermination, dans la fierté de ce que nous sommes ».